HÉRALDIQUE

Héraldique

Le lion est sur l’éten
Dard du prince Bulgare
Le poisson dans l’étang
On le voit au radar

De gueule ou de sinople
Et de la tête aux fesses
Qu’on soit de Bourg-en-Bresse
Ou de Constantinople,

Pour plaire à la tribu
Place tes attributs
Selon les pointillés
Et puis dis-leur : « Ayé ! »

Si le beurre est aillé
L’escargot est parfait
Il a cuit dans son jus
Comme un petit Jésus

Lâche tes éléphants
Dessus la zibeline
Sonne de l’olifant
Distribue les pralines

Le brochet pond des oeufs
Le couturier les prend
Il s’en fait des cheveux
Et puis des chevaux blancs

Sur le bon roi Henri
Au crâne dépoli
Le méchant Ravaillac
A cassé sa matraque

Dessine un œuf de Pâques
Ou bien un gros zizi
Dessus les armoiries
Ou sur la contreplaque

Dégonfle le peuneu
Pour révéler la jante
Au palais des Atlantes
C’est la fête à Neuneu

Et le cochon dégorge
Il rend grâce à Saint Preux
Quand la vierge s’engorge
L’écuyer a trois yeux

Cousu de fil à plomb
Le vitrail est nouvel
Et de taille XXL :
Tombe ton pantalon !

Le héron a des cornes
Et la vache a des doigts
Si le champ a des bornes
Alors moi je t’ai toi

A l’angle les anglais
Où froncent les Français ?
Qui donne un coup de règle ?
Qui a la clef de seigle ?

Tu glisses sur ta bite
Au milieu du trajet ?
Adieu les marguerites
Bonjour les aglaés

Remonte ta braguette
Et détend ta raquette
L’oiseau est maquillé
Comme un camion volé

Le cœur est persillé
Le bon Dieu l’a mangé
Entre ses rouflaquettes
C’est du pâté de tête

L’armure est remisée
Qui c’est qu’est à oualpé ?
Il reste la chaussette
Et t’es déshabillé

Quelqu’un à l’échauguette
Au mitan du rempart ?
C’est le roi Clérambard
Qui tire à l‘arbalète

Tandis que dans la plaine
On manœuvre au pas d’l’oye
C’est trop, la coupe est pleine
Je veux voir saint Eloy

L’ermite a des yeux doux
Comme ceux d’un hibou
Et deux plumes au cul
On l’aurait confondu

Mais le message est clair
Attention au scandale
Faut pas être grand clerc
Pour piger la morale

Faut pas boire au goulot
Pas direct au tonneau
Faut pas abuser des
Pruneaux, ça fait péter

La vache au tire-lait
Fait tintinnabuler
Le tirelipimpon
Tirelire à cochon

Si tu bouges une oreille
Te voilà crucifié
Un clou dans chaque orteil
Un anneau dans le nez

Et les soldats romains
Font des nœuds dans tes tripes
Et des slips dans tes fripes
Pas du Jean-Paul Gaultier

C’est le grand carnaval
Au pied de l’évêché
Même le cardinal
Est saoul comme un poney

Où déposer le pot
Qui lui sert de litière ?
Si tu vas en Enfer
Pense à mettre un suppo

Le zinzin prophétise
Des criquets et des poux
Et tous ça vaporise
Par-dessus, par-dessous

Il tombe des anguilles
A qui c’est, les quéquettes ?
Tire la barbichette
Ouvre ton parapluie

Il pleut sur la Navarre
Le ciel a des escarres
Le seigneur une éclipse
Et c’est l’apocalypse

Si la carne est bancroche
Cravache l’haridelle
Attendris la bidoche
Reste droit sur la selle

La ficelle est trop moche
Pour te sonner les cloches ?
Suspends-y la nacelle
Ton ballon à l’échelle

C’est ainsi qu’on progresse
Comme on dit à la messe
Ici-bas c’est tout plat
L’au-delà c’est youpla

Mais les anges aux cieux
Se sont sciés l’essieu
Boîte la barquerolle
Sur les nuages mols

Atterris chez Saint Pierre
Vieux à la clef de fer
L’escalier est en pente
La serrure est manquante

Faut passer les paliers
Mets des patins aux pieds
Julien l’Hospitalier
A ciré le parquet

Frappe au dernier étage
C’est la porte aux rois mages
Z’ont rangé leurs baskets
Dessous la boitalette

Si on répond pas « entre »
Ca fera pas un pli
Les bourrelets, finis
Tu rentres plus le ventre

Te voilà aplati
Sur l’écran violoncelle
D’un feuilleton pastel
« Notre homme au Paradis »

Te v’la fils de David
D’azur, de vair, de sable
Comme Paul Atréide
Dessus son ver des sables

Mets un mufle à son nez
Suspends-y des mamelles
Et chevauche la belle
Comme vache sacrée

C’est le grand Moloch Baal
Changé en destrier
Et toi t’es Dragonball
Devenu cavalier

Fais sauter la bourrique
Au-dessus de la haie
T’es le meilleur Jockey
C’est le prix d’Amérique !

Sur le polaroid
Le blason a pâli
Les santons ont jauni
On dirait des droïdes

C’est la Terre, le Ciel
L’Enfer, le Paradis
On trace la marelle
Avec un crayon gris

Passé au stabylo
Le roi est bleu fluo
Et, comme un astronaute,
Tout léger dans ses bottes

La vache anthropophage
A bouffé les marmottes
Et l’étoile clignote
Au-dessus des alpages

Il pleut du firmament
D’où veux-tu donc qu’y pleuve ?
S’il te faut une preuve
Renverse le torrent

La Terre est un caillou
Et la Lune une bulle
Satan est un hibou
Ses yeux sont des globules

Quant à la reine obèse
Sur son siège à bascule
Elle réduit les merguez
Sur le barbecue nul

Chaque moule a son flan
Flan de moule ou de beurre
Le bon moine a des dents
Le dentier un Seigneur

Mords dans la mortadelle
Si t’as faim, reprends-en
Si t’as pas faim, démens
La joue pas personnel

Dieu est un océan
Son regard est absent
Le vitrail est d’écailles
Et le poisson en braille

La Lune est un soleil
Trempé dans l’eau du seau
Forgé par une abeille
En tenue d’Héphaïsto

Au pied de la muraille
Je massacre les Perses
Au pis de la Salers
Je m’abreuve à la paille

Tandis qu’en charentaises
Le pape fait des bulles
Et renonce à son pull
De poil de Charolaise

Autour de l’homuncule
Mets du papier à bulles
Vérifie la capsule
Qui lui sert d’opercule

Description d’un blason
Selon la tradition
Du devant vers le fond :
C’est de l’or fait de plomb.