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	<title>Arnaud le Gou&#235;fflec</title>
	<link>https://www.arnaudlegouefflec.com/</link>
	<description>Arnaud Le Gou&#235;fflec est un &#233;crivain, &#224; la fois romancier, sc&#233;nariste de bande dessin&#233;e et musicien n&#233; en 1974. Il vit &#224; Brest. Son univers est marqu&#233; par le surr&#233;alisme, le psych&#233;d&#233;lisme et les marges du rock, et les litt&#233;ratures populaires, de la bande-dessin&#233;e au roman noir.</description>
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		<title>BRIMBORIONS D'OCTOBRE</title>
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		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>



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&lt;p&gt;A la caisse de la Coop, une dame avec une voix hyper aigre et haut perch&#233;e : &#171; Z'avez de l'eau d'rose ? De l'eau d'rose ! J'veux de l'eau d'rose ! &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Plage en Normandie. Corentin est piqu&#233; &#224; la paupi&#232;re par une m&#233;duse. Il faut laver, enlever le reste des tentacules avec le bord d'une carte de cr&#233;dit, laver encore. Je vais lui chercher une compresse glac&#233;e &#224; la pharmacie. Comme il fait du surf, &#231;a lui arrive souvent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Monique regarde les gens qui font du parachute ascensionnel. Au bout d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.arnaudlegouefflec.com/-blog-" rel="directory"&gt;Blog&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudlegouefflec.com/local/cache-vignettes/L113xH150/20240927_190124-f28e2.jpg?1729884182' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la caisse de la Coop, une dame avec une voix hyper aigre et haut perch&#233;e : &#171; Z'avez de l'eau d'rose ? De l'eau d'rose ! J'veux de l'eau d'rose ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plage en Normandie. Corentin est piqu&#233; &#224; la paupi&#232;re par une m&#233;duse. Il faut laver, enlever le reste des tentacules avec le bord d'une carte de cr&#233;dit, laver encore. Je vais lui chercher une compresse glac&#233;e &#224; la pharmacie. Comme il fait du surf, &#231;a lui arrive souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monique regarde les gens qui font du parachute ascensionnel. Au bout d'un moment d'analyse, elle dit : &#171; Ils sont dans un sorte de sac. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Escalier vers la cabane Vauban. Un vieux monsieur avec une canne le descend en disant alternativement : &#171; Bonne jambe... Mauvaise jambe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ram&#232;ne les amplis d'Arthur chez le loueur. Je fais tr&#232;s attention &#224; ce qu'ils ne prennent pas de chocs et je conduis prudemment : il y en a pour une fortune. Arriv&#233; &#224; Gourin, je me d&#233;tends. Il ne faut pas. En deux minutes, on manque de se prendre un tracteur et un camion, et une voiture d&#233;boule sur la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien de la chaudi&#232;re. Le r&#233;parateur est un monsieur qui parle tout seul et chantonne &#224; demi. Quand il d&#233;monte le thermostat, il dit : &#171; Oui mon petit mon petit mon petit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il descend l'escalier en chantonnant : &#171; Attation ma t&#234;te / Attation ma t&#234;te &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il remonte : &#171; Ah mais oui mais oui mon petit mon petit &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait deux vieux r&#234;ves, cette nuit. Deux histoires embrouill&#233;es qui me semblent d'autant plus n&#233;buleuses que j'ai le sentiment de les avoir d&#233;j&#224; r&#234;v&#233;es, et plusieurs fois. Jamais dans la m&#234;me nuit cependant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est une histoire d'appartement sans fen&#234;tres, au fond duquel se trouve un autre appartement, puis un autre, toujours plus enfonc&#233;s dans l'immeuble. Un appartement que je convoite, mais dont j'ai un peu peur. Que je ne suis jamais r&#233;solu &#224; louer. Une voix me demande ce que j'attends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre est li&#233;e &#224; la bo&#238;te aux lettres : je re&#231;ois une grosse enveloppe remplie de plein de petites, dont chacune est une emmerde administrative, une facture ou une requ&#234;te quelconque. Ils avaient perdu mon adresse, l'ont retrouv&#233;e, d'o&#249; cette grosse enveloppe r&#233;capitulative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point commun de ces deux histoires, c'est l'effet de r&#233;el. Je n'arrive pas &#224; savoir si ce sont des r&#234;ves o&#249; si je les ai v&#233;cues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A priori, je dirais que la premi&#232;re est totalement r&#234;v&#233;e et la deuxi&#232;me partiellement. Et pourtant, je jurerais &#234;tre d&#233;j&#224; all&#233; dans cet appartement. Je peux m&#234;me le situer avec pr&#233;cision dans sa rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si je vais dans la rue en question, l'immeuble n'est pas l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas si ce sont des r&#234;ves ou des souvenirs, mais en tous cas, ce sont deux vieilles peurs, deux tr&#232;s vieilles peurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les avoir r&#234;v&#233;es cette nuit, je me sens &#233;trangement apais&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un gar&#231;on avec qui je discute : &#171; Tu t'appelles Kadafi ? &#187; &#171; Oui, Kadafi, sans h. Mais tout le monde pense &#233;videmment au dictateur. Je ne sais pas ce que mes parents avaient dans la t&#234;te, putain &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En plus j'ai deux cousins, dont l'un s'appelle Hussein, et l'autre Saddam... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois me raconte qu'une fois, il est all&#233; en Californie pour travailler pour un studio de dessins anim&#233;s. Il &#233;tait h&#233;berg&#233; chez des gens tr&#232;s riches, qui avaient une villa sur les hauteurs de Los Angeles. Un matin, il se l&#232;ve, et tombe sur un vieux monsieur en peignoir, qui sort de la cuisine et lui dit : &#171; Salut, je suis un ami de xxx. Tu veux que je te fasse un caf&#233; ? &#187; Le type, c'&#233;tait Alice Cooper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dame tr&#232;s flipp&#233;e &#224; la caisse de la librairie. Sueur et tremblements. Elle murmure &#224; la libraire : &#171; Vous avez quelque chose sur Matrix ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'anime un atelier d'&#233;criture en prison. T, un participant, me demande si on me rembourse le gasoil. Je lui r&#233;ponds : &#171; Bien s&#251;r, et l'asso est r&#233;mun&#233;r&#233;e &#187;. Il hausse les &#233;paules : &#171; Pff, encore de l'argent foutu par les fen&#234;tres... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah c'est pas contre toi, hein, l'atelier est super, mais bon, on pourrait plut&#244;t nous faire faire des ateliers utiles, genre jardinage ou plomberie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Moi, pour &#234;tre franc, je suis les ateliers juste pour avoir des attestations, sinon je m'en fous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je fais tout, tout ! M&#234;me la pr&#233;paration de la messe, c'est te dire. Moi, t'imagines, en train de pr&#233;parer la messe ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah non, j'y crois pas du tout &#224; leurs conneries. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se penche et parle &#224; voix basse : &#171; Le mec, il me dit que c'est le corps du christ, tu te rends compte ? Le corps du Christ... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se redresse et s'exclame : &#171; alors que c'est du PAIN, putain !!! Du PAIN !!! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se tape le front avec l'index : &#171; ils sont compl&#232;tement tap&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pause d&#233;jeuner. Le mirador me fait penser &#224; un cyclope. Je repense &#224; Ulysse s'&#233;chappant de la caverne en s'accrochant &#224; la laine des b&#233;liers. Je baisse les yeux. Au pied de la tour, une bande de terrain gazonn&#233; avec des moutons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a sinon beaucoup de chats dans la prison, dans un espace triangulaire &#224; l'air libre ferm&#233; par trois autres b&#226;timents. &#171; Au d&#233;part ils &#233;taient deux, maintenant ils sont super nombreux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rentre vers Brest en pensant &#224; ces chats en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route d'Audierne, dans la brume, une enseigne &#171; pompes &#224; chaleur, froid commercial &#187;, mais je crois lire &#171; pompes &#224; chiale, froideur commerciale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lu un article sur les sailing stones, des pierres qui bougent toute seules dans le d&#233;sert am&#233;ricain, et laissent une trace derri&#232;re elles, comme celle d'un serpent (un ph&#233;nom&#232;ne du &#224; une fine pellicule de glace qui se forme la nuit). Je cherche si quelqu'un s'est d&#233;j&#224; empar&#233; de ce th&#232;me dans un roman. La seule occurrence, c'est le Super Picsou G&#233;ant num&#233;ro 14 de juillet 1986 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brest. Un serpent a &#233;t&#233; trouv&#233; dans un arbre du boulevard Gambetta . C'est un petit serpent exotique, de couleur orange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lu dans Ouest-France : &#171; En bonne sant&#233;, ce Nac, comme &#171; Nouvel animal de compagnie &#187;, a donc &#233;t&#233; confi&#233; au terrarium de Kerdanet, &#224; Ch&#226;telaudren-Plouagat, dans les C&#244;tes-d'Armor : un refuge officiel pour les reptiles abandonn&#233;s ou perdus sur la voie publique. L'y avait pr&#233;c&#233;d&#233; le gecko trouv&#233; au mois d'ao&#251;t &#224; Plouzan&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le vallon du Stang-Alar, sinon, les gens abandonnent des tortues. Il y a plusieurs centaines de tortues de Floride qui survivent l&#224;. Ce sont des pr&#233;dateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Ouest-France : &#171; Au Folgo&#235;t, depuis six ans, le refuge SOS Tortues de Bretagne accueille environ 400 tortues, terrestres ou aquatiques, d'une vingtaine d'esp&#232;ces diff&#233;rentes. &#171; On r&#233;ussit &#224; en faire adopter une trentaine alors qu'on en r&#233;cup&#232;re 70 par an, expliquent les b&#233;n&#233;voles Manon et Antoine Neveux. Sans oublier qu'elles peuvent vivre de 80 &#224; 100 ans, tranquillement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lu sur internet : &#171; &#192; 90 ans, &#171; Geronimo &#187;, le plus vieux d&#233;tenu de France, quitte sa prison corse pour celle de Salon-de-Provence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tenu en question est un tueur en s&#233;rie d'origine corse. Il fait partie d'une famille de onze enfants &#171; dont sept ont connu un destin tragique : l'un est mort en bas &#226;ge, deux dans des accidents, deux ont &#233;t&#233; tu&#233;s par balles, et deux autres ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; de lourdes peines pour des meurtres &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La l&#233;gende locale veut que la mal&#233;diction familiale trouve ses origines dans les ann&#233;es 1920, lorsqu'une tortue g&#233;ante se serait &#233;chou&#233;e sur la plage de Propriano. Les villageoises ont voulu la sauver, mais le p&#232;re lui aurait coup&#233; la t&#234;te et aurait confectionn&#233; avec sa carapace le berceau de ses enfants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit-d&#233;jeuner. Je verse de l'eau bouillante dans une carafe en verre pour faire un citron chaud. Elle &#233;clate et tout me tombe sur le pied gauche. Pass&#233; cinq minutes le pied dans l'eau froide. Bon d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, dans la rue, je rate une marche et me luxe le m&#234;me pied gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de journ&#233;e : je rate un trottoir, me plie douloureusement ledit pied gauche, rel&#232;ve la t&#234;te et aper&#231;oit un monsieur qui marche avec une canne, la jambe gauche manifestement hors d'usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre jour, entendu parler trois fois de m&#233;duses. Je me suis not&#233; &#171; les trois m&#233;duses &#187;, mais j'ai oubli&#233; de quoi il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a me revient, il y a &#171; M&#233;duse &#187;, le livre de Boum, il y a &#171; Le Roi M&#233;duse &#187;, la BD de Brecht Evens, que m'a pr&#234;t&#233; S. La troisi&#232;me est une vraie m&#233;duse, je crois, mais impossible de me souvenir de qui/quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M&#233;duse est un personnage de la mythologie grecque, la seule mortelle des trois Gorgones, avec ses s&#339;urs immortelles, Sth&#233;no et Euryale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ateliers avec l'UBO. L : &#171; La po&#233;sie, c'est quand t'as pas envie de travailler, mais pas envie de rien faire non plus. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>BRIMBORIONS DU PRINTEMPS</title>
		<link>https://www.arnaudlegouefflec.com/BRIMBORIONS-DU-PRINTEMPS</link>
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		<dc:date>2024-05-23T16:05:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'autre jour, j'ach&#232;te pour la premi&#232;re fois des tielles de S&#232;te, sortes de tourtes au poulpe. Le soir, &#224; table, je prononce le mot et re&#231;ois deux minutes apr&#232;s une pub pour les tielles de S&#232;te sur mon t&#233;l&#233;phone. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre jour, il a suffi que je pense &#224; Supertramp (et je n'&#233;coute ni ne pense jamais &#224; Supertramp) pour &#233;coper d'une pub pour le nouvel album de Roger Hodgson. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais pourquoi j'ai pens&#233; &#224; Supertramp, c'est parce que j'ai lu un article sur Mediavolo. C'est Jacques Henry, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudlegouefflec.com/local/cache-vignettes/L150xH57/x-3-77ccc.jpg?1716660313' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='57' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'autre jour, j'ach&#232;te pour la premi&#232;re fois des tielles de S&#232;te, sortes de tourtes au poulpe. Le soir, &#224; table, je prononce le mot et re&#231;ois deux minutes apr&#232;s une pub pour les tielles de S&#232;te sur mon t&#233;l&#233;phone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre jour, il a suffi que je pense &#224; Supertramp (et je n'&#233;coute ni ne pense jamais &#224; Supertramp) pour &#233;coper d'une pub pour le nouvel album de Roger Hodgson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais pourquoi j'ai pens&#233; &#224; Supertramp, c'est parce que j'ai lu un article sur Mediavolo. C'est Jacques Henry, le compositeur du groupe, Mediavolo donc, qui m'a un jour convaincu qu'on pouvait aimer Supertramp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article que j'ai lu explique que &#171; Mass Aenesthesia &#187;, un titre de Mediavolo sorti en 2006, est devenu un trend sur Tik Tok. Quatre millions de vues en peu de temps, un v&#233;ritable ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le train, deux contr&#244;leurs. Je montre mon billet, l'un tente de le flasher en premier, mais l'autre est plus rapide et lui ricane au nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Train. La voix du conducteur nous parvient hyper satur&#233;e, gr&#233;sillante, avec un gros bruit de fond et &#224; fort volume. Une fois qu'il a termin&#233; son speech, il oublie de raccrocher et on roule sur fond de bruit blanc, un peu comme si on &#233;coutait un album de Merzbow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un moment, on entend une petite voix au fond du bruit qui dit : &#171; Eh t'as oubli&#233; le truc... &#187; et, toujours satur&#233;e, la voix du conducteur : &#171; Ah merde ! &#187; et le bruit s'arr&#234;te..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le taxi, la conducteur fait des commentaires socio politiques. &#171; Il n'y a pas assez de flics. Ils devraient sanctionner plus. &#187; &#171; Si d&#233;j&#224; les gens arr&#234;taient de regarder leur t&#233;l&#233;phone au volant, franchement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aime la musique : &#171; Moi c'est la soul. La soul et le Funk. &#187; &#171; Vous connaissez machin ? &#187; Et il se retourne pour me montrer la playlist de son t&#233;l&#233;phone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il refait plusieurs fois l'op&#233;ration. On manque de percuter un scooter arr&#234;t&#233; sur la voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le train, le type &#224; ma droite et celui &#224; ma gauche ont tous les deux le m&#234;me bracelet d'ambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gare de Dijon. Les gens regardent sur le plan &#224; quel endroit il faut se mettre pour &#234;tre en face de la bonne rame quand le train arrivera. Rep&#232;re K pour moi. Sages mouvements de foule, chacun cherche son rep&#232;re et s'y met.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les wagons sont accroch&#233;s dans l'autre sens et il faut soudain se refaire tout le quai &#224; rebours, en panique, en se t&#233;lescopant. Bordel indescriptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route de la gare de Lyon, le gars qui me conduit se veut rassurant : on est la bourre, mais son GPS lui dit qu'on n'est qu'&#224; deux minutes du m&#233;tro, je peux encore sauter dedans et avoir mon train deux stations plus loin. On s'enfonce dans des rues d&#233;sertes. En fait, on arrive devant un magasin M&#233;tro d&#233;saffect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la 4 voies, un panneau : &#034;Attention, accident dans 5 km&#034;. Pourtant, &#224; cet endroit pr&#233;cis, il y en a bien un, d'accident, de l'autre c&#244;t&#233; de la voie, avec gyrophares et pompiers. On roule. 5 km plus loin, nouveau panneau : &#034;Attention, accident !&#034; Il n'y a pas d'accident. J'en conclus qu'ils se sont tromp&#233;s de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Pontivy, le chausseur s'appelle Cendrillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brocante. Sur une sorte de troph&#233;e en plastique, un cosmonaute, et la mention suivante :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Centre National d'&#201;tudes Spatiales a s&#233;lectionn&#233; le p&#226;t&#233; de jambon MATHURIN ONNO pour les six spationautes du vol franco-sovi&#233;tique Aragatz de Novembre 1988 &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On rentre dans une autre brocante. Ils vendent des fringues vintage, des timbres, des vieux exemplaires du journal de Mickey. Dans une vitrine, une insigne de la seconde guerre mondiale, un aigle de la Wehrmacht.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin, au mur, des timbres allemands de la seconde guerre mondiale (c'est pr&#233;cis&#233;), mais le vendeur a d&#233;pos&#233; dessus un voile pudique en forme de papier mousseline, sans doute pour dissimuler les croix gamm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure plus tard, on croise une cliente qui fouillait en m&#234;me temps que nous dans la brocante. Elle nous demande si on n'a rien remarqu&#233; de bizarre. Elle ajoute : &#171; Le vendeur m'a montr&#233; les timbres avec les croix gamm&#233;es, et il a ajout&#233;, &#224; moi qui ne lui ai pourtant rien demand&#233; : &#171; On dira ce qu'on voudra, et je suis pas l&#224; pour faire de la politique, mais l'arm&#233;e allemande &#233;tait quand m&#234;me vraiment, et de loin, sur le plan militaire, la meilleure. &#187; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On revient de la pr&#233;sentation du spectacle Myst&#232;re et Boule de Gomme et on doit retrouver A, qui revient d'un enterrement, sur le parking du Faou. Elle nous attend avec sa m&#232;re et sa tante. On a dans la voiture un &#233;norme cercueil en carton, accessoire pour le spectacle. On s'en rend compte trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sonne &#224; la porte, je me r&#233;veille. Il est trois heures du matin. &#199;a doit &#234;tre une erreur, je me rendors. On resonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je descends l'escalier. J'ouvre la petite fen&#234;tre sur le c&#244;t&#233;, on ne sait jamais. C'est une petite dame d'un &#226;ge ind&#233;finissable, que je ne connais absolument pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis : &#171; Vous &#234;tes qui ? &#187;. Elle sursaute, me regarde et me dit : &#171; Je sais pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis elle s'en va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fanny, qui est infirmi&#232;re psy, me dit qu'il y a beaucoup de Japonais qui d&#233;compensent brutalement en France, et pr&#233;cis&#233;ment &#224; Paris. &#199;a n'arrive pas dans de telles proportions dans d'autres villes, comme s'il y avait quelque chose ici qui faisait &#233;cho, qui cr&#233;e peut-&#234;tre un conflit symbolique profond, et leur faisait perdre les p&#233;dales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fanny me dit qu'il y a m&#234;me une clinique sp&#233;cialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet : &#171; Le nombre des probl&#232;mes psychiatriques des touristes japonais en France occupe 57 % des cas av&#233;r&#233;s chez les touristes japonais en Europe (le taux le plus &#233;lev&#233; en Europe qui, &#224; elle seule, occupe 30 % des cas psychiatriques av&#233;r&#233;s chez les touristes japonais dans le monde) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On appelle &#231;a le &#171; syndrome de Paris &#187; (&#171; Pari sh&#333;k&#333;gun &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ajoute que les Fran&#231;ais ont aussi leur destination qui rend fou : c'est l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendeur de cigarettes &#233;lectroniques parle de la bombe qu'ils ont trouv&#233; sur le chantier du tram. &#171; &#199;a p&#232;te, jamais, ces bombes l&#224; &#187;. Son p&#232;re est mort en sautant sur l'une d'elles &#224; Saint Pol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais courir. Sur les escaliers de la piscine Foch, une dame lit un livre de la collection Harlequin : &#171; Un amour d&#233;&#231;u &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reviens de ma course. Elle est toujours l&#224;, avec son livre, et je la reconnais soudain. C'est la dame qui a sonn&#233; &#224; la porte &#224; trois heures du mat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Festival de BD de Perros-Guirec. A la fin de la journ&#233;e, on va faire un tour en bateau, avec les autrices, les auteurs et l'&#233;quipe. On regarde la mer, un peu agit&#233;e, avec une inqui&#233;tude variable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X me dit : &#171; c'est l&#224; qu'ils sont morts, les scouts de l'abb&#233; Cottard. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il parle de la noyade de quatre scouts et d'un plaisancier, lors d'un camp marin dirig&#233; par un abb&#233; qui sera condamn&#233; pour homicide et blessures involontaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bateau fait un gros boum en se cognant contre la digue. Ce n'est rien. Les marins sont quand m&#234;me tous regroup&#233;s autour de l'impact, pour v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bateau longe lentement la c&#244;te, et arrive &#224; la hauteur de la plage de Saint Guirec, &#224; Ploumanac'h. C'est sur cette plage que le saint aurait d&#233;barqu&#233;. On lui a fait un oratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'oratoire, pendant longtemps, une statue du saint en bois. Les filles venaient &#224; mar&#233;e basse planter une aiguille dans son nez pour trouver un mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'on l'a remplac&#233; par une statue en granit, la tradition s'est perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bateau tourne sur lui-m&#234;me et s'immobilise face au ch&#226;teau de Costa&#233;r&#232;s, sur l'&#238;le du m&#234;me nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En breton, Costa&#233;r&#232;s veut dire &#171; vieille s&#233;cherie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Briac m'assure que c'est sur cette &#238;le qu'&#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle, un certain Henryk Sienkiewicz aurait &#233;crit &#171; Quo Vadis ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bouquin lui a valu le prix Nobel en 1905. L&#233;o Ferr&#233; y a aussi s&#233;journ&#233;. Ainsi que le chanteur Carlos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sert du champagne et des bretzels pour l'ap&#233;ro. Quand on en assez, on remonte sur le pont. Le capitaine regarde avec inqui&#233;tude par-dessus le bastingage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le capitaine est toujours dans le m&#234;me position depuis dix minutes, on demande au second s'il y a un probl&#232;me. Il y en a un. Sous le bateau, il y a le corps-mort du propri&#233;taire de l'&#238;le. Il ne voudrait pas le coincer dans son h&#233;lice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un corps-mort, c'est une dalle de b&#233;ton au fond de l'eau, avec un filin ou une cha&#238;ne pour s'y amarrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une barge arrive, pilot&#233;e par le maire de Ploumanac'h. Il discute avec le capitaine. &#171; Il faudrait quand m&#234;me trouver une solution, sinon les gens vont finir par geler. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ajoute : &#171; Je veux bien plonger, mais j'ai pas mes bouteilles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bas, on arrive progressivement &#224; la fin des stocks de champagne et de bretzels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s r&#233;flexion, le capitaine et son second montent sur le barge du maire et ils s'en vont tous les trois. On reste sur le bateau. On regarde pensivement s'&#233;loigner les pilotes, le capitaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques minutes plus tard, ils reviennent avec un bateau identique. On nous transvase. Tout le monde est assez joyeux, &#224; cause du champagne. On rentre &#224; toute berzingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, la tradition perdure m&#234;me avec le granit : si l'aiguille reste plant&#233;e dans la pierre, le mariage est assur&#233; dans l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rentrant &#224; l'h&#244;tel, je croise un renard. Le lendemain, titre du Ouest-France : &#171; le renard &#233;tait il autrefois un animal de compagnie ? Cette &#233;tude scientifique semble le d&#233;montrer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est question dans l'article d'un renard appel&#233; Dusicyon, de la taille d'un berger allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit d&#233;jeuner. La dame de l'h&#244;tel aime bien parler. &#171; Vous &#234;tes de Brest ? J'ai habit&#233; l&#224;-bas. J'avais une copine qui s'appelait Sylvie Esth&#233;ticienne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle avait des cheveux verts, ou roses. Son mec s'appelait Jean-Charles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il avait une Matra, une voiture avec des phares qui font des clins d'&#339;il. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui dis que je suis d&#233;sol&#233; mais que je dois y aller, elle hausse les &#233;paules : &#171; On s'quitte, on s'quitte, on va pas en faire toute une histoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Briac retrouve un vieux copain de lyc&#233;e, ils rigolent en se souvenant des deux surg&#233;s, Bl&#233;jean et Richomme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je croise G&#233;raldine, la chanteuse de Mediavolo, sur le parking. Elle me dit qu'ils n'attendaient plus rien et que soudain, le succ&#232;s vient bouleverser leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'&#238;le d'Yeu, on rentre vers 1h30. Le lendemain, on apprend qu'il y a eu plein d'aurores bor&#233;ales, &#224; cette heure-l&#224; notamment, et qu'on les a loup&#233;es. &#201;dith est tr&#232;s d&#233;&#231;ue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, au restaurant, &#201;dith bondit soudain, montrant la baie vitr&#233;e. &#171; L&#224;, des aurores bor&#233;ales ! &#187; Mais d&#233;ception, c'est juste le reflet du n&#233;on.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>BRIMBORIONS D'AVANT LE PRINTEMPS </title>
		<link>https://www.arnaudlegouefflec.com/BRIMBORIONS-D-AVANT-LE-PRINTEMPS</link>
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		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>



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&lt;p&gt;Salle d'attente du laboratoire d'analyses m&#233;dicales. Une dame se pr&#233;sente &#224; la secr&#233;taire : &#171; Quelle est votre date de naissance ? &#187; La dame r&#233;pond, avec fiert&#233; : &#171; Le 25 &#187;, et elle pr&#233;cise : &#171; Le 25/5/55 ! &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et, pendant que la secr&#233;taire la note, elle ajoute, index lev&#233; : &#171; et dans le 35 ! &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus tard, un monsieur se pr&#233;sente &#224; la m&#234;me secr&#233;taire. Il fait semblant d'&#234;tre relax, mais il est sur la d&#233;fensive. Au bout d'un moment, il pose une question sur son dossier m&#233;dical, fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudlegouefflec.com/local/cache-vignettes/L150xH113/20240314_174340-5ed62.jpg?1711042897' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Salle d'attente du laboratoire d'analyses m&#233;dicales. Une dame se pr&#233;sente &#224; la secr&#233;taire : &#171; Quelle est votre date de naissance ? &#187; La dame r&#233;pond, avec fiert&#233; : &#171; Le 25 &#187;, et elle pr&#233;cise : &#171; Le 25/5/55 ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pendant que la secr&#233;taire la note, elle ajoute, index lev&#233; : &#171; et dans le 35 ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, un monsieur se pr&#233;sente &#224; la m&#234;me secr&#233;taire. Il fait semblant d'&#234;tre relax, mais il est sur la d&#233;fensive. Au bout d'un moment, il pose une question sur son dossier m&#233;dical, fait l'&#233;tonn&#233;, regarde l'&#233;cran en biais par-dessus le guichet : &#171; Ah ? Non, c'est une information que je n'avais pas... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sous-entend qu'on aurait pu lui donner l'info : &#171; C'est un peu personnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agace : &#171; Ce n'est pas contre vous, madame, je sais que c'est une information anodine, mais enfin quand m&#234;me... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion se poursuit sur plusieurs points du dossier et sur les informations qui y sont not&#233;es. Il trouve le principe intrusif. D'une certaine mani&#232;re, en l'obligeant &#224; r&#233;pondre aux questions, on entrave sa libert&#233;. Elle lui explique qu'il n'y a rien qui entrave sa libert&#233; dans ce dossier, que c'est m&#234;me le contraire, &#231;a lui facilite les formalit&#233;s. Il n'en est selon elle que plus libre. Il est piqu&#233; au vif : &#171; non madame, ce n'est pas &#231;a la libert&#233; ! C'est l'illusion d'une libert&#233; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendu dans la salle d'attente : &#171; Quand je suis revenu de Djibouti, je lui ai ramen&#233;e une tablette de C&#244;te d'or. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#234;v&#233; de carottes mortelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montr&#233;al. J'accompagne Antoine &#224; la cr&#232;che pour qu'il d&#233;pose Morgane. En voyant l'assistante maternelle, la petite fait un sourire inqui&#233;tant, genre poup&#233;e dans les films d'horreur. L'assistante maternelle l&#232;ve les mains au ciel : &#171; Oh, she looks like the devil ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A&#233;roport. Un rabbin regarde les cartouches de clopes, toutes couvertes de photos de maladies. Le nom est &#233;crit sur un cartel &#224; c&#244;t&#233;. Il ne sait pas quoi choisir, il me demande : &#171; Vous connaissez les Dumaurier ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne fume pas &#187;. Il hausse les &#233;paules, agac&#233;. &#171; Ok ok, thank you. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'avion, il ne veut pas c&#233;der sa place &#224; Diane. Il veut absolument &#234;tre de ce c&#244;t&#233; de la rang&#233;e. Il est tr&#232;s p&#226;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ach&#232;te des chaussures de sport. La vendeuse m'explique le principe de la mousse dans le semelles. Elle frissonne. &#171; Excusez-moi, mais j'ai la phobie des petites alv&#233;oles &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au stade, avec Ma&#239;wenn, pour voir Brest-OM. Jacques m'a offert deux places. L'arbitre fait une erreur et la foule se met &#224; scander : &#171; Ven-du, Ven-du &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix minutes plus tard, une autre erreur, et la foule se met &#224; hurler : &#171; Ar-bitre/En-cu-l&#233;, Ar-bitre/En-cu-l&#233; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une petite voix derri&#232;re moi claironne : &#171; Eh allez, &#231;a y est, v'l&#224; les insultes homophobes ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la foule s'arr&#234;te de crier, un autre voix, plus loin, dit : &#171; Je pr&#233;f&#233;rais &#034;vendu&#034; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
A la pharmacie entre un monsieur. Il reste pr&#232;s de la porte, attendant. Le pharmacien le regarde de derri&#232;re son guichet. Le monsieur attend dix secondes, puis lance : &#171; C'est moi qui fais le premier pas ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'approche du comptoir et complimente le pharmacien sur la plaque qu'il arbore &#224; la boutonni&#232;re, et qui stipule qu'il est pr&#233;parateur : &#171; Pas mal votre &#233;tiquette, &#231;a fait genre vieux pharmacien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Genre patin&#233; par le temps, tout &#231;a. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pharmacien r&#233;pond : &#171; C'est parce que je me frotte un peu partout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour de Pontivy en voiture. Nuages tr&#232;s exag&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Projection de films de Tati au cin&#233;ma de Valognes : lorsque le logo des Films de mon Oncle appara&#238;t au d&#233;but, on entend un &#171; Clounc &#187;. C'est le bruit de la porte battante du restaurant dans Les Vacances de Monsieur Hulot. J'y pense &#224; chaque fois que j'ouvre une porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rencontre avec des &#233;l&#232;ves &#224; Valognes. Je leur explique le principe de l'escape game : &#171; il s'agit de trouver une porte pour s'&#233;chapper &#187;. Au moment o&#249; je dis &#231;a, la porte s'ouvre toute seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une jeune fille, avec des lunettes &#224; forte correction, me dit qu'elle est arachnophobe : &#171; Ma grand-m&#232;re m'a toujours dit &#171; n'oublie pas qu'il y a toujours une araign&#233;e &#224; moins de dix m&#232;tres de toi &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rencontre &#224; la m&#233;diath&#232;que de Valognes. Un monsieur &#233;coute poliment Laurent, qui explique que lorsqu'il colorise ses planches, la couleur n'est pas forc&#233;ment illustrative, et qu'un truc bleu peut tr&#232;s bien reste blanc, et inversement. Le monsieur intervient et confirme : &#171; C'est comme les &#233;l&#233;phants ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;veloppe : &#171; Sont-ils gris ou bruns ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame derri&#232;re lui, tr&#232;s p&#226;le, avec un &#233;norme chignon, acquiesce. Il poursuit : &#171; Il y a encore plus &#233;tonnant ! R&#233;cemment, je ne sais pas si vous l'avez vu, est n&#233; un petit &#233;l&#233;phant rose. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Eh bien figurez-vous qu'ils l'ont adopt&#233; et qu'ils l'ont prot&#233;g&#233; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame intervient : &#171; Alors qu'en Afrique &#8211; et je sais tr&#232;s bien ce que je dis, car je suis moi-m&#234;me n&#233;e en Afrique &#8211; les albinos sont rejet&#233;s ! &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monsieur acquiesce : &#171; Alors que l&#224;, cet &#233;l&#233;phant rose, c'est comme s'il &#233;tait albinos, il devrait &#234;tre rejet&#233;, et c'est tout le contraire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion roule sur les &#233;l&#233;phants : &#171; Ils les enterrent ! Parfaitement ! Les petits &#233;l&#233;phants. Pas les autres. Pourquoi ? Tenez-vous bien ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par pur pragmatisme ! Parce qu'ils sont trop gros ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chignon de la dame, vu de pr&#232;s, est plus impressionnant que de loin, et forme comme un paquet de dreadlocks emmaillot&#233; de gaze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philip K Dick, &lt;i&gt;Siva&lt;/i&gt; : &#171; On se planque o&#249;, demanda K&#233;vin, quand on est recherch&#233;s par un plasme immortel et omniscient qui d&#233;vore le monde par la transsubstantiation ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>BRIMBORIONS D'APR&#201;S L'&#201;T&#201;</title>
		<link>https://www.arnaudlegouefflec.com/BRIMBORIONS-D-APRES-L-ETE</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sur un camion, une pub : &#171; LA solution &#224; TOUTES vos probl&#233;matiques aviaires. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Venise : au mus&#233;e de la musique, des partitions en latin qui font rire ma fille. &#171; Prout Spiritus Sanctus &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'atelier o&#249; on r&#233;pare les violons, des fioles de &#171; Sangue di drago &#187;, &#171; Goth Spiritus &#187; et &#171; Acqua Magica &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les montagnes, un chalet. Au-dessus de la porte, avec son auvent en forme de couvre-chef, c'est &#233;crit : &#171; Chapeau de gendarme &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aussi le nom d'une montagne, plus loin, mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudlegouefflec.com/local/cache-vignettes/L113xH150/20230807_154030-8fc3f.jpg?1718136344' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur un camion, une pub : &#171; &lt;i&gt;LA&lt;/i&gt; solution &#224; &lt;i&gt;TOUTES&lt;/i&gt; vos probl&#233;matiques aviaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venise : au mus&#233;e de la musique, des partitions en latin qui font rire ma fille. &#171; Prout Spiritus Sanctus &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'atelier o&#249; on r&#233;pare les violons, des fioles de &#171; Sangue di drago &#187;, &#171; Goth Spiritus &#187; et &#171; Acqua Magica &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les montagnes, un chalet. Au-dessus de la porte, avec son auvent en forme de couvre-chef, c'est &#233;crit : &#171; Chapeau de gendarme &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi le nom d'une montagne, plus loin, mais qui n'a pas trop la forme, je trouve. Il y en une autre qui est cens&#233;e repr&#233;senter Louis XVI de profil, allong&#233;, mais alors avec beaucoup d'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre l'&#233;rosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la rue, devant une p&#226;tisserie : &#171; Vos enfants m&#233;ritent une bonne tarte, et vous aussi. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je retourne &#224; la p&#226;tisserie pour commander un g&#226;teau. Elle vient de fermer. Retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enseigne &#224; Poitiers : &#171; Bazar de filles, interdit aux hommes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Est-ce qu'il y a un quelconque moyen de se saouler dans le coin ? demanda Barney &#187; (Philip K-Dick, Le Dieu venu du Centaure)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;dicaces &#224; Brest. Un lecteur m'offre un tr&#232;fle &#224; quatre feuilles, un autre une bouteille de jus de pomme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;dicaces &#224; Brest. Un lecteur : &#171; Maintenant je suis retrait&#233;, mais avant, j'&#233;tais mime. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et qu'est-ce qui vous a donn&#233; envie d'&#234;tre mime ? &#187; &#171; J'&#233;tais professeur de fran&#231;ais langues &#233;trang&#232;res, et un jour j'ai eu envie de me taire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;dicaces &#224; Saint-Nazaire, avec Olivier, pour notre BD sur Jacques Tati. On se prom&#232;ne sur la plage de monsieur Hulot. Dans la bo&#238;te &#224; livres un peu plus haut, il y a les m&#233;moires de Nicolas Hulot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route, pas loin, un mulot &#233;cras&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la bo&#238;te &#224; livres, une quatri&#232;me de couverture : &#171; Du fond de l'univers, les pulsars, sources apparemment ponctuelles, envoient des &#171; gicl&#233;es &#187; de fr&#233;quences stables, dont le trac&#233; appara&#238;t semblable &#224; celui des ondes qu'&#233;met le cerveau et que transcrivent les enc&#233;phalogrammes. Dans cet Univers o&#249; tout est rayonnement, ondes et fr&#233;quences, l' &#171; honn&#234;te homme &#187; perd pied. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monsieur habill&#233; en dame fait son apparition. Il parle fort, fait des commentaires, rit tout seul. Il tient une peluche de poulet par le cou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On le conna&#238;t bien, il vient tout le temps foutre le bordel &#224; la m&#233;diath&#232;que, me dit quelqu'un, on l'appelle Monsieur Madame. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bar, tr&#232;s tard, avec Olivier, dans la queue au comptoir. On f&#233;licite un des musiciens du groupe qui vient de jouer. Je lui demande : &#171; Vous &#234;tes de Saint-Nazaire ? &#187; &#171; Non, d'Anvers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah, je connais un groupe d'Anvers, peut-&#234;tre que vous le connaissez, il s'appelle Brorlab. &#187; Le type est stup&#233;fait, et nous aussi : &#171; Je suis le bassiste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ultraeczema.bandcamp.com/album/s-t-4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://ultraeczema.bandcamp.com/album/s-t-4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le train, &#224; c&#244;t&#233; de moi, une jeune fille fait une recherche sur le net : elle recopie la d&#233;finition qu'elle a trouv&#233;. &#171; For&#234;t : grande &#233;tendue de terrain couverte d'arbres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour se l&#232;ve. Par les fen&#234;tres du train, paysage de champs brumeux. On dirait un rhume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cinq secondes d'intervalle, je tombe sur un camion vache, avec des taches noires et couvert de peluches, puis sur un motard avec un casque Pikachu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, dans la presse, il y a un article sur le motard Pikachu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Temp&#234;te : on a l'impression que tous les arbres sont tomb&#233;s. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salle du Clous. Au-dessus de l'alarme incendie, quelqu'un a scotch&#233; une bande de hi&#233;roglyphes inconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nom d'une maison, inscrit au-dessus de la porte : &#171; Laisse-les dire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au march&#233;, sorte de Tatie Danielle, qui parle &#224; la mara&#238;ch&#232;re : &#171; Ah bon, vous partez en vacances ? Combien de temps ? Un semaine ? On n'aura m&#234;me pas le temps de profiter de votre absence que vous serez d&#233;j&#224; revenue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Attention quand m&#234;me aux crocodiles et aux requins. Enfin, seulement si vous allez sous les tropiques, hein, si vous allez &#224; Ouessant, tout ce que vous risquez, c'est une biture. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>BRIMBORIONS D'AVANT L'ETE</title>
		<link>https://www.arnaudlegouefflec.com/BRIMBORIONS-D-AVANT-L-ETE</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je cours dans le stade derri&#232;re le coll&#232;ge AM. Il y a un buisson sinistre, tout noir. Il pleut, puis il fait soleil. Sous les rayons, le buisson se met &#224; briller comme une carrosserie, ou alors exactement comme le buisson ardent. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'attends un gars pour la chaudi&#232;re. Je suis &#224; l'&#233;tage en train de travailler. Soudain, il m'appelle au t&#233;l&#233;phone : &#171; J'ai frapp&#233;, vous n'avez pas r&#233;pondu. &#187; &#171; Ah bon ? Revenez, je descends et j'attends derri&#232;re la porte. &#187; Au bout de cinq minutes, il frappe, mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudlegouefflec.com/local/cache-vignettes/L113xH150/img_20230521_145742-aa33b.jpg?1691053321' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je cours dans le stade derri&#232;re le coll&#232;ge AM. Il y a un buisson sinistre, tout noir. Il pleut, puis il fait soleil. Sous les rayons, le buisson se met &#224; briller comme une carrosserie, ou alors exactement comme le buisson ardent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'attends un gars pour la chaudi&#232;re. Je suis &#224; l'&#233;tage en train de travailler. Soudain, il m'appelle au t&#233;l&#233;phone : &#171; J'ai frapp&#233;, vous n'avez pas r&#233;pondu. &#187; &#171; Ah bon ? Revenez, je descends et j'attends derri&#232;re la porte. &#187; Au bout de cinq minutes, il frappe, mais si doucement, qu'il est impossible de l'entendre, &#224; moins d'&#234;tre coll&#233; &#224; la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le fais entrer. Il parle tr&#232;s bas, fais des gestes tr&#232;s lents. Il demande &#224; voir la chaudi&#232;re, puis les robinets. Il faut faire couler de l'eau. Il y a un robinet marqu&#233; d'un point bleu et un autre d'un point rouge. Il reste ind&#233;cis : &#171; c'est lequel pour l'eau chaude ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thomas me dit qu'il conna&#238;t un gars, une sorte d'ermite. Il vit dans une maison au fond des bois, il ne sort presque jamais. Quand &#231;a arrive et qu'il croise une voiture, il se met la main sur les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma&#239;wenn : &#171; Les taupes, c'est tout le temps confin&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a six mois, J, qui dirige une grande surface pr&#232;s de chez moi, o&#249; je vais faire mes courses, vient me voir dans les rayons, un peu embarrass&#233;, et me dit : &#171; &#199;a vous dirait de venir au foot avec moi ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui r&#233;ponds que je ne connais rien au foot, que rien ne m'int&#233;resse moins que le foot, et que je suis d&#233;sol&#233;, mais non. Et puis, rentr&#233; chez moi, je me dis que j'ai eu tort. Pourquoi ne pas profiter d'une exp&#233;rience comme celle-l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois plus tard, J revient me voir, pour me poser la m&#234;me question. Entre-temps, j'ai vu &#171; Yes Man &#187; avec Jim Carrey, l'histoire d 'un type qui s'interdit de dire non et qui vit cons&#233;quemment plein d'aventures. Cette fois je dis oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au salon Penn Ar BD, une dame a publi&#233; son journal de voyage. Elle vient me le montrer parce que je suis cit&#233; dedans, suite au spectacle Chansons Dragon, qu'elle a vu avec ses enfants : &#171; On a toujours besoin d'un dragon. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu sur internet : une voiture, film&#233;e d'une autre. Le conducteur prend tous les risques pour doubler par la droite, se rabat, zigzag, heurte un pare-choc, et part en vol plan&#233; dans les d&#233;cors. Ce matin, sur le port de commerce, petite voiture couch&#233;e sur l'aile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre, la s&#339;ur de Grand-m&#232;re aper&#231;oit des zeppelins allemands et se met &#224; crier : &#171; Des cochons, dans le ciel il y a des cochons ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'amphi du lyc&#233;e J, on range nos instruments. La documentaliste, qui nous accueille, s'appelle Binet : elle trouve une moustache postiche par terre, la met. On lui fait remarquer qu'elle ressemble &#224; Philippe Martinez, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, on apprend que Philippe Martinez est remplac&#233;, &#224; la t&#234;te du syndicat, par une certaine Binet, Sophie cette fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le train, je regarde par-dessus l'&#233;paule de la dame qui est assise devant moi. Elle travaille sur son ordinateur. Le document s'appelle : &#171; Notes pour l'&#233;tude de sujets z&#233;ros non humains. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, c'est une th&#232;se sur &#171; Le non-humain non-nomm&#233; en finnois &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le non-humain non-nomm&#233; en finnois, extrait : &#171; Phrase exemple : &#171; Je suis arriv&#233; dans une maison, je ne voulais pas les r&#233;veiller, je me suis dit je vais aller dans le sauna pour m'allonger. Et &#231;a s'est mis &#224; chuinter dans le noir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le non-humain non-nomm&#233; en finnois, extrait : &#171; La phrase ambiante d&#233;crit des &#233;v&#233;nements qui ne sont pas produits par l'humain. Cette id&#233;e doit &#234;tre nuanc&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Re&#231;u ce mail : &#171; Si votre cerveau vous fait mal apr&#232;s une p&#233;riode de travail, nous vous offrons un soulagement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#234;v&#233; d'une grosse araign&#233;e qui devient une main, une grosse main d'alien humide, qui marche lentement sur ses longs doigts, se retourne comme pour lancer un d&#233;fi, puis se carapate doucement dans un coin du meuble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au camping de Paimpol. J'entre dans les toilettes. Il fait noir, personne. Mais j'entends, dans un des box, quelqu'un qui essaie discr&#232;tement de vomir. Il n'arrive pas, r&#226;le tout bas, sort et, passant devant ma porte, me glisse dessous un &#233;norme rouleau, disant d'une voix cass&#233;e : &#171; Tiens, si t'as besoin de pq &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le match, J me pr&#233;sente C, son ami d'enfance. C est un colosse, qui dirige une entreprise dans le sud-finist&#232;re. Il essaie de briser la glace : &#171; Tu viens souvent au match ? &#187; &#171; Non, je sais juste que &#231;a se joue avec un ballon. &#187; &#199;a le fait rire. Je bois une bi&#232;re, lui un Ricard orange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tu fais quoi dans la vie ? &#187; &#171; Je suis sc&#233;nariste de BD &#187; Il adore la BD. Il en a 3000. La discussion devient passionnante quand j'apprends qu'il dirige une entreprise de pompes fun&#232;bres et qu'il croit aux extraterrestres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le match, il m'explique. Il me montre un joueur : &#171; Lui, l&#224;, il sait pas tirer au pied. C'est con pour un joueur de foot. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame devant, qu'il ne conna&#238;t pas, se retourne et confirme : &#171; Il a deux pieds gauches ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le joueur en question, juste apr&#232;s la mi-temps, marque un but &#233;clatant du pied droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C est revenu me voir une semaine apr&#232;s le match, au salon du Go&#233;land masqu&#233;, pour se faire d&#233;dicacer &#034;Soucoupes&#034;. Je lui demande ce que c'est exactement, le Ricard orange. &#171; Ben, c'est du Ricard, mais &#224; la place de l'eau, tu mets de l'orange. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et c'est bon ? &#187; Il rigole, se tape sur le torse : &#171; Ben oui, regarde-moi, 37 ans de Ricard orange ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sors du supermarch&#233;. Je croise une dame, qui me regarde en coin et me dit : &#171; C'est vous le dragon ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bocacce, &lt;i&gt;D&#233;cam&#233;ron&lt;/i&gt; : &#171; Aussi, comme la dame &#233;tait en train de prendre son bain, entendit-elle les plaintes et les mouvements de Rinaldo, lequel claquait des dents comme une cigogne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Loti, &lt;i&gt;Vie de deux chattes&lt;/i&gt; : &#171; Il n'existe pas pour moi d'autres noms qui conviennent mieux, qui soient plus chat que ces deux adorables : Mimi et Moumoute. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CHAINE DE MONTAGE DE POESIE MECANIQUE</title>
		<link>https://www.arnaudlegouefflec.com/CHAINE-DE-MONTAGE-DE-POESIE-MECANIQUE-90</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;160 &lt;br class='autobr' /&gt;
Rigole &#224; la pourquoi Ton heure, ton heure viendra Malheur &lt;br class='autobr' /&gt;
Mort au potier qui boit La sueur, la sueur fera Son beurre &lt;br class='autobr' /&gt;
Au merlin le veau gras Fait peur, fait peur, tuera Par c&#339;ur &lt;br class='autobr' /&gt;
161 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ta trompette a faut&#233; Ta brouette a fl&#251;t&#233; Et ta lunette arri&#232;re Fond comme un camembert &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la joie des merlans Le ciel est l'oc&#233;an Celle des ortolans Tous les oiseaux dedans &lt;br class='autobr' /&gt;
Ta fauvette a saut&#233; Ton carquois s'est flout&#233; Et ton enjoliveur Brille &#224; la chandeleur &lt;br class='autobr' /&gt;
L'heure est aux cormorans Tout (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudlegouefflec.com/local/cache-vignettes/L112xH150/dscf5677-05b10.jpg?1741262046' class='spip_logo spip_logo_right' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;160&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rigole &#224; la pourquoi&lt;br class='autobr' /&gt;
Ton heure, ton heure viendra&lt;br class='autobr' /&gt;
Malheur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mort au potier qui boit&lt;br class='autobr' /&gt;
La sueur, la sueur fera&lt;br class='autobr' /&gt;
Son beurre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au merlin le veau gras&lt;br class='autobr' /&gt;
Fait peur, fait peur, tuera&lt;br class='autobr' /&gt;
Par c&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;161&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta trompette a faut&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ta brouette a fl&#251;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ta lunette arri&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Fond comme un camembert&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la joie des merlans&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ciel est l'oc&#233;an&lt;br class='autobr' /&gt;
Celle des ortolans&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les oiseaux dedans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta fauvette a saut&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ton carquois s'est flout&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ton enjoliveur&lt;br class='autobr' /&gt;
Brille &#224; la chandeleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure est aux cormorans&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout autour tournoyant&lt;br class='autobr' /&gt;
Celle des p&#233;licans&lt;br class='autobr' /&gt;
Canadairs &#224; col blanc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta trompette a grug&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ta cr&#233;celle a criss&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
T'es en panne au dessert &lt;br class='autobr' /&gt;
Et ta vitre a bu&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;162&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime les longs platons&lt;br class='autobr' /&gt;
En robes de socrate&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui battent les cartes&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec leur moignon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'appr&#233;cie les hippies&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je tresse leur natte&lt;br class='autobr' /&gt;
Poli leur cul de jatte&lt;br class='autobr' /&gt;
Dedans leurs tipis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je surkiffe les anges&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout quand il sont ronds&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand Fifi la Boulange&lt;br class='autobr' /&gt;
Leur sert un canon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;163&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'aube il prit sa claque&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la coiffa de lard&lt;br class='autobr' /&gt;
La barda de curare&lt;br class='autobr' /&gt;
Et se doucha de laque&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis il prit le fl&#233;au&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme on prend le canote&lt;br class='autobr' /&gt;
Et se moucha de bl&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
N'en laissant que des bottes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'arriv&#233;e au club&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait attendu&lt;br class='autobr' /&gt;
On lui offrit au pub&lt;br class='autobr' /&gt;
Son poids de bi&#232;re en cul&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;164&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'avait rien &#224; dire&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il le dit pourtant&lt;br class='autobr' /&gt;
On l'&#233;couta, trouvant&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il savait bien le dire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si parler c'est du vent &lt;br class='autobr' /&gt;
Et que le vent d&#233;lire&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'&#233;tait pas Shakespeare&lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots tiraient &#224; blanc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il souffla plus longtemps&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il n'en faut pour le dire&lt;br class='autobr' /&gt;
Mit ses doigts dans le flan&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le flan devint mire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;165&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est temps, prenons-le&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisqu'il n'a pas de fin&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a devient presque rien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est temps, tuons-le&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisqu'il n'est pas de temps&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a devient presque un jeu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;166&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La queue &#233;close&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un h&#233;liocentaure&lt;br class='autobr' /&gt;
Un oiseau rose&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;ploie son paraphore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire est close&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant le point d'aurore&lt;br class='autobr' /&gt;
L'anamorphose&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;forme le d&#233;cor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#231;a because&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a dedans, dehors&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains qui causent&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres qui font les morts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;167&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la bascule&lt;br class='autobr' /&gt;
Ou la boussole&lt;br class='autobr' /&gt;
En montgolfi&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ballon plein d'air&lt;br class='autobr' /&gt;
A&#233;rosol&lt;br class='autobr' /&gt;
Ou tapecul&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dessus la mer&lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s loin du sol &lt;br class='autobr' /&gt;
Et ses calculs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon v&#233;hicule&lt;br class='autobr' /&gt;
Suit la coupole&lt;br class='autobr' /&gt;
De l'atmosph&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme un bidule&lt;br class='autobr' /&gt;
Survolant l'aire&lt;br class='autobr' /&gt;
Des m&#233;tropoles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs n&#233;cropoles&lt;br class='autobr' /&gt;
Leurs cimeti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
Et leurs cellules&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;168&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edimbourg - Northampton&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la cornemuse&lt;br class='autobr' /&gt;
Ou &#224; l'arquebuse&lt;br class='autobr' /&gt;
Divaguons gaiement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime les massacres&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas les simulacres&lt;br class='autobr' /&gt;
De gouvernement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime qu'on s'&#233;pingle&lt;br class='autobr' /&gt;
Que les schlagues cinglent &lt;br class='autobr' /&gt;
Au soleil levant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis qu'un r&#226;le atroce&lt;br class='autobr' /&gt;
Couvre de l'&#201;cosse&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soleil couchant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;169&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai le covid&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai mal au bide&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'&#339;il f&#233;tide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis livide&lt;br class='autobr' /&gt;
Et translucide&lt;br class='autobr' /&gt;
Extralucide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis avide&lt;br class='autobr' /&gt;
De quelque acide&lt;br class='autobr' /&gt;
Bact&#233;ricide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, qu'on me guide&lt;br class='autobr' /&gt;
Des Pyramides&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux Invalides&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; l'humide&lt;br class='autobr' /&gt;
Source, limpide,&lt;br class='autobr' /&gt;
Du vermicide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;170&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son anniversaire&lt;br class='autobr' /&gt;
Il pela le derri&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Du Seigneur des t&#233;n&#232;bres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui hacha l'occiput&lt;br class='autobr' /&gt;
A ce gros fils de pute&lt;br class='autobr' /&gt;
Et m&#226;cha ses vert&#232;bres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il reprit son train&lt;br class='autobr' /&gt;
Faisant semblant de rien&lt;br class='autobr' /&gt;
Dig&#233;rant son alg&#232;bre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;171&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se d&#233;colle&lt;br class='autobr' /&gt;
La peau et l'alcool&lt;br class='autobr' /&gt;
De mon embouteille&lt;br class='autobr' /&gt;
La coupe et le bol&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux ciseaux de miel&lt;br class='autobr' /&gt;
Mange un guacamole&lt;br class='autobr' /&gt;
A la croque au sel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;172&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douze&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hydre de Lerne&lt;br class='autobr' /&gt;
En papier peint&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la citerne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lion de N&#233;m&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
A modeler&lt;br class='autobr' /&gt;
En p&#226;te fait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Piaf en m&#233;tal &lt;br class='autobr' /&gt;
Estampill&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Du lac Stymphale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biche speed&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui fait squeezer&lt;br class='autobr' /&gt;
Les buissons frais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gros sanglier&lt;br class='autobr' /&gt;
Sauce au gibier&lt;br class='autobr' /&gt;
Champignons frais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chien &#224; trois t&#234;tes&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais sans qu&#233;quette&lt;br class='autobr' /&gt;
Fait qu'aboyer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juments qui mordent&lt;br class='autobr' /&gt;
A qui les b&#234;tes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
A vous, my lord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis l'Augias&lt;br class='autobr' /&gt;
dont l'&#233;curie&lt;br class='autobr' /&gt;
Est d&#233;gueulasse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gros G&#233;ryon&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ses b&#339;ufs cons&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme moutons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roi Minos&lt;br class='autobr' /&gt;
Et son molosse&lt;br class='autobr' /&gt;
Rhinoc&#233;ros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pommes d'or&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le calcif&lt;br class='autobr' /&gt;
Du grand Calife&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la blessure&lt;br class='autobr' /&gt;
De ta ceinture&lt;br class='autobr' /&gt;
Miss Confiture ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;173&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convalescence&lt;br class='autobr' /&gt;
En creux, l'absence&lt;br class='autobr' /&gt;
L'obsolescence&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le p&#226;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon pour la science&lt;br class='autobr' /&gt;
A bonne escience&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai de la chance&lt;br class='autobr' /&gt;
Et suis bott&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes pieds immenses&lt;br class='autobr' /&gt;
Foulent la France&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses affluences&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ses rat&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;174&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; sort la source &#233;close&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux faveurs de la rose&lt;br class='autobr' /&gt;
Et du chou romarin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fleuve se d&#233;pose&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d&#233;roule son train&lt;br class='autobr' /&gt;
De ruban m&#233;nopause&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnant un joli teint &lt;br class='autobr' /&gt;
De la fleur de cirrhose &lt;br class='autobr' /&gt;
Et du mou aux marins&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;175&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pel&#233; la p&#233;nombre&lt;br class='autobr' /&gt;
De son huileux concombre&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;calott&#233; l'enfin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils hantaient les d&#233;combres&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils &#233;taient en surnombre&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi j'&#233;tais orphelin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et depuis je d&#233;nombre&lt;br class='autobr' /&gt;
Les photons et les ombres&lt;br class='autobr' /&gt;
Trac&#233;es par leurs dessins&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;176&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mer est &#233;tale&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les amygdales&lt;br class='autobr' /&gt;
Des poissons phosphorent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#238;le est virginale&lt;br class='autobr' /&gt;
Partout des mygales&lt;br class='autobr' /&gt;
Tissent des fils d'or&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les fleurs d&#233;calent &lt;br class='autobr' /&gt;
Chacun des p&#233;tales&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand le soleil dore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formant la spirale&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un creux vert&#233;bral&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un corridor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui conduit au graal&lt;br class='autobr' /&gt;
Au volcan central&lt;br class='autobr' /&gt;
En escalator&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;177&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fl&#251;te &#233;trusque&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui s'emmusque&lt;br class='autobr' /&gt;
Et grelotte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tambourin&lt;br class='autobr' /&gt;
Abyssin&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui glaviote&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Procession&lt;br class='autobr' /&gt;
De frelons &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui clignotent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la brume&lt;br class='autobr' /&gt;
S'enrhume&lt;br class='autobr' /&gt;
L'anecdote&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;178&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Asperge&lt;br class='autobr' /&gt;
L'asperge&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec du coulis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travaille&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Travail&lt;br class='autobr' /&gt;
Et oublie l'ennui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goberge&lt;br class='autobr' /&gt;
L'auberge&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; tout meurt la nuit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;gorge&lt;br class='autobr' /&gt;
La gorge&lt;br class='autobr' /&gt;
Extrais-en la vie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;179&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m&#226;chait ses haleines&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme Archipelagio&lt;br class='autobr' /&gt;
Son &#233;charpe de laine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faisait la baleine &lt;br class='autobr' /&gt;
Dig&#233;rait Pinocchio&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un croquemitaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toujours &#224; la tra&#238;ne&lt;br class='autobr' /&gt;
Se succ&#233;dant lui-m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
Il mourut &#224; la cha&#238;ne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;180&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois villages&lt;br class='autobr' /&gt;
Dardaient leur nef&lt;br class='autobr' /&gt;
Zef contre zef&lt;br class='autobr' /&gt;
En vis-&#224;-vis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concurren&#231;ant&lt;br class='autobr' /&gt;
L'un l'autre et l'autre&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui est plus grand&lt;br class='autobr' /&gt;
Du mien, du v&#244;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est plus lourd&lt;br class='autobr' /&gt;
Dessus la terre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Tire au concours&lt;br class='autobr' /&gt;
La paille en verre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que d&#233;chiffrer ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un myst&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
L'est verrouill&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ab&#233;c&#233;daire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;181&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon premier est l'envers&lt;br class='autobr' /&gt;
De l'endroit qui dessert&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parking du p&#233;age&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la porte au nuage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon deuxi&#232;me est la clef&lt;br class='autobr' /&gt;
Du second bungalow&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout au bout du rainbow&lt;br class='autobr' /&gt;
Soleil contreplaqu&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon troisi&#232;me est la flamme&lt;br class='autobr' /&gt;
Au mitan du chantier&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le corps qui s'enflamme&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#226;me est thermocoll&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon tout est l'habitude&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; confisent les gens&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie est un palude&lt;br class='autobr' /&gt;
On ventouse dedans&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>BRIMBORIONS DE FEVRIER</title>
		<link>https://www.arnaudlegouefflec.com/BRIMBORIONS-DE-FEVRIER-89</link>
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		<dc:date>2023-02-15T14:11:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lu dans la presse : &#171; Rappel massif d'un reblochon dans toute la France. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je reviens d'un footing. Sur mon lecteur, j'&#233;coute de la musique &#233;quatorienne. Une dame est assise en haut de la rue, sur le trottoir d'en face. Elle a pos&#233; des sacs en plastique autour d'elle. Elle relace une jambi&#232;re. La musique lui donne quelque chose d'une femme des hauts-plateaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me dis qu'elle est peut-&#234;tre tomb&#233;e et que je pourrais l'aider, mais le temps de traverser la route, elle se l&#232;ve et s'en va en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.arnaudlegouefflec.com/-blog-" rel="directory"&gt;Blog&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudlegouefflec.com/local/cache-vignettes/L113xH150/img_20230107_163643-50ddd.jpg?1686902701' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lu dans la presse : &#171; Rappel massif d'un reblochon dans toute la France. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reviens d'un footing. Sur mon lecteur, j'&#233;coute de la musique &#233;quatorienne. Une dame est assise en haut de la rue, sur le trottoir d'en face. Elle a pos&#233; des sacs en plastique autour d'elle. Elle relace une jambi&#232;re. La musique lui donne quelque chose d'une femme des hauts-plateaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me dis qu'elle est peut-&#234;tre tomb&#233;e et que je pourrais l'aider, mais le temps de traverser la route, elle se l&#232;ve et s'en va en me jetant un regard noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je descends la rue. Il fait beau. J'ai l'impression de ne plus &#234;tre dans ma rue, mais dans les Andes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vieille dame tr&#232;s vo&#251;t&#233;e passe devant chez moi, coiff&#233;e d'un bonnet, tirant deux cabas &#224; roulettes. Je me dis d'abord qu'elle avance si lentement qu'elle fait presque du sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, la musique aidant, je me dis qu'elle ressemble &#224; un indien quechua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de pousser la porte de chez moi, elle m'interpelle : j'enl&#232;ve mon casque. &#171; Vous avez un probl&#232;me ? &#187; &#171; Je suis dans le p&#233;trin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se rend &#224; la gare routi&#232;re. C'est loin. Je lui propose de l'emmener en voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est quatorze heures. &#171; A quelle heure est votre car ? &#187; &#171; Oh, 19h, j'avais pris de la marge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a un gros pendentif &#233;trange autour du cou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la voiture, elle me dit : &#171; Je prends des risques, hein ? Je suis croyante. Je me dis que Dieu mettra bien quelqu'un de bon sur ma route. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui demande si son m&#233;daillon a &#224; voir avec sa croyance. Elle me dit oui. &#171; &#199;a prot&#232;ge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous &#234;tes chr&#233;tienne ? &#187; &#171; Ah ben oui, j'ai &#233;t&#233; chez les s&#339;urs. &#199;a reste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On arrive &#224; la gare. Elle soupire. &#171; En plus, j'ai perdu ma carte de car. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais bon, c'est comme &#231;a la vie. On perd des choses, on finit toujours par les retrouver. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vid&#233;o de calmar g&#233;ant prise au large du Japon : l'animal est immense, visiblement &#233;puis&#233;, il se laisse filmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me dis que c'est une journ&#233;e &#233;trange qui commence. A ce moment-l&#224;, une posti&#232;re sort d'un immeuble et se cogne contre une poubelle. Je lui demande si elle s'est fait mal, elle me dit oui et se met &#224; rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux m&#232;tres apr&#232;s, deux mendiants se disent au revoir avec des politesses &#224; fort volume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t, je suis fr&#244;l&#233; par une Bugatti d&#233;capotable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez le poissonnier, j'ach&#232;te du calmar. La poissonni&#232;re : &#171; Je vous le pr&#233;pare ? &#187; Mais je crois que &#231;a l'emb&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ouvrant le calmar, la poissonni&#232;re pousse un cri : &#171; Oh ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle en sort une petite roussette, parfaitement conserv&#233;e. Elle la pose doucement sur la glace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui demande : &#171; C'est une roussette ? &#187;. Elle hausse les &#233;paules, un peu s&#232;che : &#171; Mais non, vous voyez bien que c'est un l&#233;opard. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soir. On sonne &#224; la porte. J'ouvre. Personne. Je me penche au dehors : un homme marche en bas de la rue. &#199;a ne peut &#234;tre que lui qui a sonn&#233;. Il tourne la t&#234;te, voit que je le regarde, acc&#233;l&#232;re le pas et dispara&#238;t au coin de la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soir : je croise une silhouette toute noire, qui semble avoir, devant sa poitrine, des mains de Nosferatu recroquevill&#233;es. En fait, c'est un motif sur son t-shirt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire racont&#233;e par V&#233;ro : &#224; une amie qui se faisait fort d'imiter Bart (Simpson), une &#233;tudiante en lettres : &#171; Quoi ? Tu sais imiter Barthes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. fait son arbre g&#233;n&#233;alogique. Il a un anc&#234;tre qui s'appelait Frumence Eutrope Sost&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. &#171; Ma grand-m&#232;re disait qu'il y a deux sortes d'hommes : ceux qui collectionnent les objets, et ceux qui collectionnent les femmes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journal de Paul L&#233;autaud :&#171; Cela d&#233;passe pour moi toute raison qu'un homme puisse s'asseoir &#224; un piano &#224; fabriquer le plus de bruit possible. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juan Rulfo, &#034;Pedro Paramo&#034; : &#171; Chaque soupir est un souffle de vie dont on se d&#233;fait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journal de Paul L&#233;autaud, 1943 : &#171; Cette derni&#232;re nuit, vers trois heures du matin, premi&#232;re alerte par les sir&#232;nes. Une m&#233;lodie affreuse, lente, tra&#238;n&#233;e, modul&#233;e, un appel d'angoisse et de d&#233;sespoir. On aurait vraiment pu choisir autre chose. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journal de Paul L&#233;autaud : &#171; Tous les bruits, qui ont tous un rythme, sont de la musique. Roulant dans un train, &#233;coutez le bruit saccad&#233;, r&#233;p&#233;t&#233; par instants r&#233;guliers, du d&#233;veloppement des roues. Il y a une cadence, un rythme. C'est de la musique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journal de Paul L&#233;autaud : &#171; La musique, quelle qu'elle soit, n'est qu'un bruit. Si bien un bruit, que la musique la plus r&#233;cente est compos&#233;e des bruits de l'usine, d'un chemin de fer, d'une foule, des cris d'une assembl&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journal de Paul L&#233;autaud : &#171; Dans un chalet voisin, lou&#233; pour la saison, toute la journ&#233;e, un phonographe. Pas moyen de se promener. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendu dans un commerce de jeux de r&#244;les : &#171; Quand je bossais chez X, on relookait des bo&#238;tes de p&#226;t&#233; et on marquait dessus &#171; Filets de L&#233;viathan &#187; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah non, des bo&#238;tes de L&#233;viathan, j'en ai plus. Tout a un date de p&#233;remption, m&#234;me le p&#226;t&#233; H&#233;naff &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le football am&#233;ricain, t'as vu les armures ? C'est du rugby pour les faibles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 heures du matin. On sonne. Je ne me l&#232;ve pas. On re-sonne. Je ne bronche pas. On se met &#224; sonner sans arr&#234;t : ding dong ding dong. Je me l&#232;ve, descends l'escalier, ouvre la porte d'entr&#233;e : un type hilare, dont l'hilarit&#233; cesse d&#232;s qu'il me voit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est stup&#233;fait. Il ne comprend pas. &#171; Vous &#234;tes pas Alain ? &#187; &#171; Ah non. &#187; Il secoue la t&#234;te, a du mal &#224; admettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis pas chez Alain ? &#187; &#171; Ah non. &#187; Une lumi&#232;re s'allume dans son &#339;il. &#171; Je suis pas au num&#233;ro 9 ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Non monsieur, ici c'est le num&#233;ro 7. &#187; Il sourit : &#171; Aaaaah, ben voil&#224; ! &#187; Soulagement visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paula : &#171; Quand mon p&#232;re a appris que les voisins avaient baptis&#233; leur fils Gaspard, il a dit : &#171; Gaspard ? Mais c'est un nom de cheval ! &#187; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Grand Voyage de Gaspard Bromzi&#232;res et Camille de Rivebl&#234;me dans les &#238;les </title>
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		<dc:date>2023-01-17T13:03:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>



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&lt;p&gt;Mon cher Gaspard, &lt;br class='autobr' /&gt;
La masse et le poids sont deux notions qu'un t&#233;thyphore ferait bien d'apprendre &#224; l'&#233;cole, avec celles du volume, du litre et le sens des proportions. Sans compter les vertus de la mod&#233;ration. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet animal vaniteux se pr&#233;occupe d'engloutir l'oc&#233;an. Il ressemble &#224; une baleine (mais &#231;a n'en est pas une), dot&#233;e d'une m&#226;choire extravagante, comme l'embouchure d'un vase. Il ne la referme jamais. Aucun fanon, aucune dent, aucun filtre d'aucune sorte dans ce gouffre : le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudlegouefflec.com/local/cache-vignettes/L150xH113/img_20201006_173635-d8282.jpg?1686902701' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mon cher Gaspard,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La masse et le poids sont deux notions qu'un t&#233;thyphore ferait bien d'apprendre &#224; l'&#233;cole, avec celles du volume, du litre et le sens des proportions. Sans compter les vertus de la mod&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet animal vaniteux se pr&#233;occupe d'engloutir l'oc&#233;an. Il ressemble &#224; une baleine (mais &#231;a n'en est pas une), dot&#233;e d'une m&#226;choire extravagante, comme l'embouchure d'un vase. Il ne la referme jamais. Aucun fanon, aucune dent, aucun filtre d'aucune sorte dans ce gouffre : le t&#233;thyphore boit, avale, augmente en nageant de l'arri&#232;re vers l'avant la quantit&#233; d'eau de mer qu'il enfourne. Parce que la nature est bien faite et n'a sans doute pas voulu qu'il &#233;clate (l'esp&#232;ce aurait &#233;t&#233; en danger d'extinction), il recrache par des sortes d'&#233;coutilles sur ses flancs ce qu'il vient de boire. Il s'ensuit des &#233;claboussures, qui peuvent &#234;tre jolies. Mais produire de belles &#233;claboussures justifie-t-il d'exister en ce monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sa chair, m'a dit Barnip, est r&#233;pugnante : personne, dans la cha&#238;ne alimentaire, n'en veut, pas m&#234;me les charognards. Ni pr&#233;dateur, ni proie, le t&#233;thyphore continue inlassablement de boire la mer. Quel est cet inconnu myst&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il buvait donc, l'autre jour, de conserve avec notre navire et s'en rapprocha, pour finir, suffisamment : je distinguai cette masse consid&#233;rable, enfin, avec un m&#233;lange de frayeur et de curiosit&#233;. Le t&#233;thyphore n'a pas d'yeux. Il n'&#233;met aucun son (il n'en a probablement pas le temps). Son apparence est celle d'une limace g&#233;ante de couleur grise. Sa nageoire caudale bat r&#233;guli&#232;rement, imperturbablement les flots, comme le balancier tr&#232;s lent d'une horloge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne serais pas en mesure de vous en dire davantage, ou plut&#244;t de vous faire part d'autre chose que de mes impressions, sans une id&#233;e que j'eus. Je vous l'expliquerai demain car je ne suis pas tout &#224; fait libre de vous &#233;crire aussi longuement que je voudrais. Je dois tenir une promesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille de Rivebl&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : Je suis &#224; peine &#233;tonn&#233; par votre histoire d'&#238;les. J'ai quelque chose de semblable &#224; vous servir sur la naissance des &#238;les &#8211; de certaines &#238;les &#8211; quoique diff&#233;rent (mais semblable un peu) &#8211; mais une seule histoire &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Camille,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monstre qui boit la mer ? Et qui la recrache par les flancs ? Je ne peux que penser au malheureux Sisyphe poussant son rocher, ou aux Dana&#239;des remplissant inlassablement leur tonneau. Mais votre animal a ceci de monstrueux qu'il est bien r&#233;el, et que son supplice ne se d&#233;roule pas dans le monde d&#233;calqu&#233; des Enfers, mais sur nos oc&#233;ans. Tout &#234;tre a son utilit&#233;. Qui sait quelle est sa fonction ? Celle de filtrer l'oc&#233;an ? Pourquoi le passer ainsi &#224; son &#233;puisette ? Sans doute pour se nourrir, ou peut-&#234;tre pour tenter d'en changer la nature ? Il me br&#251;le d'en savoir davantage et de conna&#238;tre cette id&#233;e que vous avez eue. Car je sais que lorsqu'une lumi&#232;re s'allume &#224; votre plafond, Camille, elle a toujours l'apparence d'un lustre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachez que de mon c&#244;t&#233;, je n'ai pas rencontr&#233; de cr&#233;ature et, lorsque j'ai franchi la premi&#232;re haie qui ceinturait la plage de la premi&#232;re &#238;le, je n'ai vu s'envoler que des oiseaux communs, quoique trop color&#233;s peut-&#234;tre, d&#233;rang&#233;s par la soudaine irruption d'un homme dans le petit monde qu'ils avaient appris &#224; savourer clos, ramass&#233;, encloch&#233;, &#224; l'abri de toute intrusion. Mon apparition leur apprit sans doute que l'heure &#233;tait venue de se frotter au monde, &#224; l'ouverture b&#233;ante de l'oc&#233;an, et aux contrari&#233;t&#233;s de toutes sortes, ce qui explique la vigueur de leurs cris, la grossi&#232;ret&#233; de leurs impr&#233;cations, et la faible musicalit&#233; de leur chant. J'interpr&#232;te, bien entendu, car je ne parle pas l'oiseau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Laissez-moi maintenant vous raconter l'&#233;trange balade que je fis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais o&#249; cette &#238;le a &#233;t&#233; p&#234;ch&#233;e, sur quelle mer anormale, mais elle n'avait rien d'habituel. La premi&#232;re chose que je d&#233;couvris, une fois les taillis pass&#233;s et la rumeur de la plage et de ses rouleaux effac&#233;e, fut une succession de clairi&#232;res align&#233;es les unes aux autres comme les &#233;l&#233;ments d'une marelle, chacune dot&#233;e d'une couleur dominante : la premi&#232;re &#233;tait mauve, parsem&#233;e de petites fleurs jaunes, et la suivante d'un beige de nappe de salon, au centre de laquelle tr&#244;nait un ch&#234;ne qu'on aurait dit cir&#233;, tant son &#233;corce &#233;tait polie ; plus loin s'ouvrait une clairi&#232;re d'un vert excessif, d'o&#249; s'&#233;brou&#232;rent des sortes de poules d'eau roses comme des cochons de lait. Je poursuivis ma progression et d&#233;couvris une autre clairi&#232;re, d'un bleu tout &#224; fait absurde, tandis qu'autour, les taillis devenaient des arbres serr&#233;s comme des planches, que le sol bouclait comme de la moquette, et que le parcours se trouvait comme balis&#233;. J'oserais dire, Camille, que bient&#244;t, j'eus le sentiment de suivre un couloir tout &#224; fait bourgeois, o&#249; chaque &#233;l&#233;ment avait &#233;t&#233; dispos&#233; selon des lois de compl&#233;mentarit&#233; et conform&#233;ment &#224; une esth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me doutais pas alors de ce qui m'attendait. Comment aurais-je pu imaginer une chose pareille ? Laissez-moi le temps de remettre mes notes et mes esprits en ordre. Vous ne serez pas d&#233;&#231;u.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'ici l&#224;, je saurais ce qu'il est advenu de votre t&#233;thyphore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre Gaspard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Gaspard,&lt;br class='autobr' /&gt;
Une id&#233;e ne surgit pas du n&#233;ant : il faut, avant qu'elle &#233;close dans un parterre &#8211; le parterre c'est mon cerveau &#8211; qu'une main g&#233;n&#233;reuse en ait sem&#233; les graines, qu'une terre fertile en ait permis la germination, qu'un climat propice en ait favoris&#233; la croissance sous la forme d'une tige et de feuilles qui sont all&#233;goriquement les pr&#233;misses de la r&#233;v&#233;lation, que par mille soins divers on ait &#233;cart&#233; de cette jeune pousse les p&#233;rils qu'encourt une r&#233;flexion nouvelle dans le monde des id&#233;es. Cette main, cette terre, ce climat, ces soins, ce sont la po&#233;sie, la physique, l'histoire et la g&#233;om&#233;trie. Il a bien fallu que la gravitation existe pour que Newton puisse la d&#233;couvrir, que l'&#233;pop&#233;e de Gilgamesh f&#251;t r&#233;dig&#233;e afin que La Fontaine &#233;criv&#238;t des fables qu'il prit sur &#201;sope &#8211; cela pr&#233;sumant que l'&#233;criture elle-m&#234;me ait &#233;t&#233; invent&#233;e &#8211; que la mer f&#251;t remplie d'eau pour qu'un bateau s'abstienne de couler tant qu'on n'y fait pas de trous : etc. (Et pour &#233;crire etc, a-t-il fallu parler latin !)&lt;br class='autobr' /&gt;
Je formule ici des &#233;vidences ; vous n'avez pas besoin qu'on vous rappelle que toute cause est suivie d'effets, seulement que je vous fasse part desdits effets, comme j'attends que vous m'expliquiez sur quoi d&#233;bouchent vos clairi&#232;res successives : elles sont in&#233;vitablement un pr&#233;lude &#224; ce qui les continue. (D'ailleurs, vous l'annoncez dans votre lettre).&lt;br class='autobr' /&gt;
Il semble que sur mon navire, personne ou quasiment ne soit capable d'entendre un raisonnement si simple. Barnip, passe encore : il n'a pas &#233;tudi&#233; le grec ni la litt&#233;rature. Mais quand j'ai expliqu&#233; vouloir qu'on m'attache au mat, comme Ulysse, pour mieux &#233;tudier le t&#233;thyphore, un officier m'a object&#233; que cet animal ne chantait pas pour attirer les marins. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N'&#234;tes-vous pas curieux d'en conna&#238;tre la raison ? demandais-je. Allons, liez-moi les mains : je passerai la nuit sur le pont.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gaspard, j'ai touch&#233; du doigt cette v&#233;rit&#233; que l'inspiration d'un seul se heurte &#224; l'incr&#233;dulit&#233; de tous ; combien d'autres avant moi ont &#233;prouv&#233; cette sensation ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La sagesse d'Hom&#232;re parlait pour moi, et le bien-fond&#233; des mythes s'est v&#233;rifi&#233; souvent : ce qu'ils figurent correspond &#224; des faits, &#224; des comportements individuels ou collectifs que la science et la psychologie ont pu &#233;tablir en diff&#233;rentes occasions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a fallu batailler pour qu'on m'ob&#233;isse. Je regrette d'avoir &#224; l'&#233;crire, mais j'ai d&#251; &#233;lever quelque peu la voix et parler d'un ton sans r&#233;plique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au bout d'un certain temps, j'obtins gain de cause. On m'attacha. Je fis semblant de ne pas voir certains haussements d'&#233;paules. Du reste, mon esprit se tournait d&#233;j&#224; vers cette nuit de veille et d'aff&#251;t. L'inconfort de ma position ne me d&#233;rangeait nullement. Je regrettai seulement de n'avoir pas demand&#233; qu'on me lie apr&#232;s le repas du soir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui se produisit d&#232;s que la nuit f&#251;t compl&#232;tement tomb&#233;e me r&#233;compensa de mon obstination. Une m&#233;thode &#233;prouv&#233;e, quoiqu'on en dise, est un bon moyen de r&#233;soudre une question, quand on l'applique avec discernement. Le t&#233;thyphore, d&#233;sormais, n'a plus de secret pour moi. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais raison. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; demain Gaspard,&lt;br class='autobr' /&gt;
C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mon cher Camille,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait un Anglais pour inventer le mot &#034;suspense&#034;. Suspense, petit mot sans envergure, au diapason de l'ivresse que provoque le th&#233; ou de l'app&#233;tit d'ogre qu'il faut pour engloutir un toffee. Un mot sans saveur qui sert pourtant, avec ses petits moyens, &#224; d&#233;signer les diff&#233;rents degr&#233;s de l'incertitude et de l'attente - de l'impatience &#224; la morsure mortelle de l'angoisse. Mais enfin, pour d&#233;signer autrement le grill sur lequel vous venez de me mettre, quel mot ai-je &#224; ma disposition ? Suspense ? Pouah ! C'est d'un mot latin, plein de drame et d'emphase, dont nous aurions besoin, pas de ce petit gadget en cuir et laiton, produit du flegme britannique, terme de petite m&#233;canique tout juste bon &#224; d&#233;signer le ressort d'un devil toy ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je br&#251;le de savoir ce qui s'est produit, et plus encore de saisir la logique qui vous conduisit &#224; vous faire attacher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous parlez d'Hom&#232;re, et cela &#034;sonne une cloche&#034;, comme disent encore ces Anglais, d&#233;cid&#233;ment si &#233;conomes (je n'ai rien contre les Anglais, mais reconnaissez que chez eux, la pingrerie de sentiments et le refoulement des &#233;motions a pris le raffinement d'un art martial). J'ai en effet, moi aussi, pens&#233; &#224; Ulysse et &#224; son Odyss&#233;e lorsqu'au milieu de la clairi&#232;re suivante &#8211; vous vous souvenez de ce couloir presque bourgeois qui s'ouvrait entre les arbres ?-, je tombai sur une porte. Une porte dans une &#238;le, mont&#233;e sur des gonds au beau milieu de l'&#233;cheveau de la v&#233;g&#233;tation. Une porte dot&#233;e d'une serrure patin&#233;e, dont je n'avais &#233;videmment pas la clef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire Camille ? Vous me croirez si vous voulez, mais apr&#232;s avoir tent&#233; en vain de crocheter ladite serrure, apr&#232;s m'&#234;tre accroupi pour regarder par (&#034;to look through&#034;, dirait l'autre), et n'y avoir vu que t&#233;n&#232;bres, j'en fus r&#233;duit &#224; frapper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez le ridicule qui fut le mien. Frapper &#224; une porte ferm&#233;e au beau milieu des &#238;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus extraordinaire &#233;tant qu'on m'ouvrit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui Camille ! J'entendis distinctement des pas sur un plancher, puis un cliquetis de clefs sans doute pendues &#224; un trousseau, et deux tours. La porte tourna sur des gonds parfaitement huil&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me trouvai nez &#224; nez avec un bonhomme de petite taille, qui me toisait. Et c'est l&#224; qu'Hom&#232;re intervient, si j'ose dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bonhomme n'avait qu'un &#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un &#339;il sur deux, pas un &#339;il de borgne, qui lui donne para&#238;t il sur les aveugles un royal ascendant, non, un seul &#339;il, prenant tout le front, et pas plus de nez que de bouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment f&#238;mes-nous pour engager la conversation ? Lorsque vous le saurez, Camille, je saurais pourquoi vous vous f&#238;tes attacher &#224; ce m&#226;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une affaire urgente m'oblige &#224; abr&#233;ger cette lettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faites attention &#224; vous, Camille, et ne soyez pas trop empress&#233; de vous faire attacher par quiconque, m&#234;me Barnip et ses coll&#232;gues, car il est des n&#339;uds que certains ne sont jamais press&#233;s de d&#233;faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre Gaspard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Gaspard,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous me parlez de logique ? Je vous r&#233;ponds : protocole scientifique. Lavoisier, qui &#233;tait chimiste, m&#233;langeait des produits en prenant soin de les peser d'abord pour v&#233;rifier qu'il en resterait moins apr&#232;s les avoir br&#251;l&#233; dans un creuset : c'est une m&#233;thode semblable qui me fit commander qu'on m'attache au m&#226;t du navire. Je saurais, le lendemain matin, s'il resterait de moi autant que la veille. Je ne pourrais, comme Ulysse, pr&#233;tendre avoir entendu le chant des sir&#232;nes, mais, soumis &#224; la m&#234;me exp&#233;rience que lui, je serais capable de mesurer comment et &#224; quel point elle m'a transform&#233;e, et de mieux comprendre le ph&#233;nom&#232;ne que j'&#233;tudie. C'est ainsi que la science progresse. Je vous recommande beaucoup, dans vos d&#233;m&#234;l&#233;s avec les cyclopes, d'adopter des m&#233;thodes similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux premi&#232;res heures, il ne se passa rien. Je ne progressai pas d'un pouce dans l'analyse du t&#233;typhore ; sa raison d'&#234;tre me demeurait obscure. Une ou deux fois, je fus travers&#233; par un sentiment d'inutilit&#233;. Si j'avais pu noter mes observations dans un carnet, elles se fussent born&#233;es &#224; la mention de l'&#233;norme animal &#224; c&#244;t&#233; du navire, en pr&#233;cisant qu'il m'&#233;tait cependant, &#224; cette heure et de l'endroit o&#249; je me trouvais, impossible de l'apercevoir. Je temp&#233;rai mon impatience naturelle en me r&#233;p&#233;tant que les r&#233;v&#233;lations surgissent comme des oasis dans le d&#233;sert, et qu'il est par d&#233;finition n&#233;cessaire d'attendre le temps qu'il faut avant que toute attente prenne fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu &#224; peu, malgr&#233; moi, mes pens&#233;es se d&#233;tach&#232;rent de leur objet premier. Il me vint &#224; l'esprit que, petit gar&#231;on, j'adorais la soupe de potiron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas une pens&#233;e surprenante, et particuli&#232;rement originale ? Je n'aurais jamais imagin&#233; qu'un voyage sur l'oc&#233;an d&#251;t &#234;tre le lieu de se rem&#233;morer mon go&#251;t pour la soupe au potiron &#8211; il n'aurait pas d&#251; l'&#234;tre &#8211; il ne l'aurait pas &#233;t&#233; sans le t&#233;typhore &#8211; mais cela je n'y ai r&#233;fl&#233;chi qu'apr&#232;s qu'on m'eut d&#233;li&#233;, plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la soupe au potiron je glissai vers les principes fondamentaux qui sous-tendent l'univers &#8211; il y avait un rapport, le l&#233;gume &#8211; et de l&#224;, vers mille choses diverses, grandes ou petites. Le plafond d'&#233;toiles m'inspirait une foule de r&#233;flexions. J'&#233;bauchai des th&#233;ories d'une complexit&#233; admirable. Si j'avais pu les noter, le monde en e&#251;t &#233;t&#233; chang&#233;. Quelque part alentours d'une heure ou deux heures du matin, je sombrai dans un demi-sommeil, sans cesser d'imaginer et de comprendre ; de temps en temps, ma t&#234;te basculait sur mon &#233;paule, ce qui me r&#233;veillait. Je mod&#233;lisai par une &#233;quation dont je ne me souviens plus une loi sur le basculement des cr&#226;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;prouvais-je une sensation de fra&#238;cheur &#224; cause du vent ? Cela me rappelait un hiver de mon enfance o&#249; il avait beaucoup neig&#233; ; j'&#233;tais capable de me figurer que s'il n'avait pas neig&#233; cet hiver-l&#224;, mon enfance e&#251;t &#233;t&#233; tout autre et de me repr&#233;senter l'homme que je fusse alors devenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une nuit, en une nuit terrible, extravagante, mystique, je touchai du doigt ce qui d'ordinaire est impalpable et constitue la mati&#232;re cach&#233;e, l'architecture invisible du monde. Au matin, il pleuvait, une pluie fine qui avait d&#251; commencer un peu avant l'aube &#8211; je n'avais rien senti, plong&#233; dans mes sp&#233;culations. Barnip vint me voir et me demanda si tout s'&#233;tait bien pass&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je voudrais que cela n'e&#251;t point de fin, murmurai-je.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Doit-on vous laisser encore un peu ficel&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sursautai.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Surtout pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
La faim, je m'en rendais compte, me tenaillait l'estomac. J'&#233;prouvai d'un seul coup l'inconfort de ma position. Je redescendis sur terre (si j'ose dire), &#224; nouveau moi-m&#234;me, quoique int&#233;rieurement chang&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous &#234;tes s&#251;r ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lib&#233;rez-moi, Barnip. Je vous ferai de la soupe aux potirons. Je m'y engage. Pendant toute une semaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que ma proposition avait de rationnel et de sens&#233;, il ne pouvait pas le comprendre, n'ayant pas &#233;t&#233; soumis &#224; la m&#234;me &#233;preuve que moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me d&#233;livra, et je m'efforce depuis trois jours de tenir ma promesse, dans la mesure o&#249; il est humainement possible de la tenir (nous n'avons pas de potiron &#224; bord).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; pr&#233;sent, certaines choses comptent pour moi davantage qu'avant cette nuit singuli&#232;re ; je ne saurais mieux dire le r&#244;le du t&#233;typhore. Cet animal produit un effet consid&#233;rable sur la psychologie de ceux qui s'y int&#233;ressent. Je laisse &#224; d'autres le soin d'&#233;tudier son anatomie ; il me suffit d'avoir compris l'essentiel. Songez que &#8211; le second me le r&#233;v&#233;la &#8211; moins d'une heure apr&#232;s qu'on m'eut attach&#233;, il s'&#233;tait &#233;loign&#233; du navire &#8211; et que par cons&#233;quent cette b&#234;te est capable d'affecter un scientifique &#224; distance. Vertigineux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous laisse. Je vais r&#233;chauffer du bouillon. Nous approchons d'une &#238;le. Je m'en r&#233;jouis car je br&#251;le d'un peu d'action. Il ne s'agit pas de l'Angleterre, on aper&#231;oit des pyramides. J'en suis heureux, car le th&#233; m'occasionne des transports nerveux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici pour vous &#233;lucid&#233; le myst&#232;re du t&#233;typhore, je vous recommande de faire comme moi si vous en croisez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Camille,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monstre qui donne &#224; penser ? Lesquelles pens&#233;es filent entre les ab&#238;mes de l'univers et s'ach&#232;vent dans un projet de soupe au potiron ? Souvenez-vous des th&#233;ories du vieux Pilonor &#224; l'&#233;cole des Chartes : tout est li&#233;, et du potiron &#224; l'&#233;ther, de la soupe &#224; l'esprit, il n'y a parfois qu'un saut de puce. Le vide qui nous gorge et s&#233;pare les atomes est le m&#234;me que celui qui fait les d&#233;serts stellaires, et le lien myst&#233;rieux qui tient tout cela ensemble (car le vide fait un vilain mortier) ne fait point de diff&#233;rence entre l'&#226;me et le potiron. Tout est mati&#232;re, disait Pilonor, de la mati&#232;re &#224; l'esprit : que l'esprit soit encore de la mati&#232;re, c'est ce que claironnent les mat&#233;rialistes, qui prennent leur certitude pour trompette. Que la mati&#232;re soit aussi esprit, voil&#224; qui en revanche est tout &#224; fait vertigineux. Mais je m'&#233;gare : le potage me va tout &#224; fait, quand il s'agit de lier ensemble les myst&#232;res de l'univers, et je connais un estaminet de Chibognac-Les-Alleux o&#249; on en pr&#233;pare un capable de r&#233;concilier avec le cosmos, les hommes, et m&#234;me le potiron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je vous avais abandonn&#233; en plein cyclope. Car comment nommer autrement cet &#234;tre qui m'ouvrit la porte ? Un &#339;il, Camille, un globe oculaire pour toute t&#234;te. Des bras, des jambes, un torse (&#224; ce propos, il portait un costume de marin), mais point de menton, ni de bouche, ni rien de ces colifichets qu'on appelle le nez, les joues, les pommettes ou le front, et qui font tout le visage. Non, un gros &#339;il absurde, d'autant plus, et je tremble encore &#224; ce souvenir Camille, que cet &#339;il n'avait pas de paupi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre ai-je trop voulu vous hame&#231;onner en parlant de conversation. Nous rest&#226;mes simplement l'&#339;il dans l'&#339;il, communiquant muettement, et vous me croirez si vous le voulez : cet &#233;change fut plus complexe qu'il n'y para&#238;t. Mais cela, je ne le compris que bien plus tard, et j'y reviendrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, vous m'avez bien lu : l'homme &#233;carquillait &#224; perp&#233;tuit&#233;. Comment dormait-il ? Comment pouvait-il vivre sans seulement cligner de temps &#224; autre, activit&#233; m&#233;canique, mais sans laquelle nous serions des cr&#233;atures de pur larmoiement, passant notre vie dans les collyres et les bains optiques ? J'aurais bien voulu lui poser la question, mais j'avais trop peur, et surtout, je le r&#233;p&#232;te, il n'avait pas de bouche. A fortiori point d'oreille pour entendre une question. Nous rest&#226;mes tous deux face &#224; face, si j'ose dire, sans rien avoir &#224; se dire. J'aurais pourtant voulu savoir pourquoi, dans ces &#238;les recompos&#233;es, se trouvait un couloir de clairi&#232;re aboutissant &#224; une porte sans logique. Mais la question ne fut pas pos&#233;e, d'autant que, sans un seul geste, mais d'un simple miroitement de la pupille, il sembla m'inviter &#224; entrer. Ce que j'acceptai sans mot dire, franchissant le seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savez-vous ce qu'il y avait &#224; l'int&#233;rieur ? Non Camille, je ne vais pas vous faire le coup d'interrompre ici la lettre : je vais vous le dire, et peut-&#234;tre serez-vous d&#233;&#231;u. Car la porte n'ouvrait sur aucun horizon, si ce n'est celui d'un d&#233;plorable r&#233;duit, un appartement tout au plus, aux murs peints de fausses perspectives, sur lesquels un peintre fort m&#233;diocre avait barbouill&#233; &#224; l'arri&#232;re-plan une sorte d'oc&#233;an, au premier plan des arbres sommaires. Le tapis couleur sable qui couvrait le sol ne parvenait pas dissimuler l'affreux parquet qu'il devait faire oublier. Au fond de ce corridor, l'&#234;tre &#224; un &#339;il vivait dans une impasse d'un kitsch absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t pris d'un &#233;trange sentiment de malaise, je pris cong&#233; de lui :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Pardonnez-moi, cher monsieur, de vous avoir d&#233;rang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il opina de l'&#339;il, et moi du chef. Voil&#224; &#224; quoi se borna notre &#233;change. Puis je rebroussai chemin. Mais c'est alors, Camille, qu'une chose tout &#224; fait f&#226;cheuse se produisit, laquelle fera l'objet de ma prochaine lettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre Gaspard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CHAINE DE MONTAGE DE POESIE MECANIQUE</title>
		<link>https://www.arnaudlegouefflec.com/CHAINE-DE-MONTAGE-DE-POESIE-MECANIQUE-84</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;127 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi le c&#339;ur &#233;trange Et la mer bleue de bleu ? J'ai plum&#233; la m&#233;sange Et le ciel est pluvieux &lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours le c&#339;ur m&#233;lange Son brouet d'os et d'yeux Le jour est tout &#224; Dieu La nuit Satan vidange &lt;br class='autobr' /&gt;
L'abeille au taux de change A pris trois points de mieux Et le miel est plus vieux Sa couleur est orange &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai fini les vendanges Mon pinard est moelleux Et le vieux Richelieu Se prend pour un archange &lt;br class='autobr' /&gt;
128 &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est venu il est venu J'&#233;tais pas l&#224; j'&#233;tais plus loin J'&#233;tais matelas sous (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudlegouefflec.com/local/cache-vignettes/L113xH150/x-2-599bc.jpg?1686902701' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;127&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le c&#339;ur &#233;trange&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la mer bleue de bleu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai plum&#233; la m&#233;sange&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le ciel est pluvieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours le c&#339;ur m&#233;lange&lt;br class='autobr' /&gt;
Son brouet d'os et d'yeux&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jour est tout &#224; Dieu&lt;br class='autobr' /&gt;
La nuit Satan vidange&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abeille au taux de change&lt;br class='autobr' /&gt;
A pris trois points de mieux &lt;br class='autobr' /&gt;
Et le miel est plus vieux&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa couleur est orange&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fini les vendanges&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon pinard est moelleux&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le vieux Richelieu&lt;br class='autobr' /&gt;
Se prend pour un archange&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;128&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est venu il est venu&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais pas l&#224; j'&#233;tais plus loin&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais matelas sous les reins&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais fauteuil dessous le cul&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait l&#224; il &#233;tait bien&lt;br class='autobr' /&gt;
Il avait l'air d'un os &#224; chien&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi j'en r&#234;vais j'attendais l'heure&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai oubli&#233; l'horodateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai oubli&#233; de qui de quoi&lt;br class='autobr' /&gt;
L'eau et la paille et l'os &#224; moelle&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai d&#233;sert&#233; la niche en bois&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai pass&#233; mon beurre &#224; la po&#234;le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai sauc&#233; du doigt la surface&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;sultat est d&#233;gueulasse&lt;br class='autobr' /&gt;
Tant pour l'oiseau que pour la fleur&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai oubli&#233; ton nom par c&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;129&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A force de tourner la clef&lt;br class='autobr' /&gt;
Il l'a cass&#233;e il l'a cass&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
A force de tourner la clef&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la serrure elle est coinc&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut pas forcer faut pas forcer&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a sert &#224; rien de s'escrimer &lt;br class='autobr' /&gt;
Faut pas forcer faut pas forcer&lt;br class='autobr' /&gt;
La serrure elle est bousill&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant repeindre autant repeindre&lt;br class='autobr' /&gt;
La porte couleur de son mur&lt;br class='autobr' /&gt;
Autant repeindre autant repeindre&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans tralala sans fioritures&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre un jour on va l'ouvrir&lt;br class='autobr' /&gt;
Si quelqu'un d'autre en a la clef&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre un jour on va l'ouvrir&lt;br class='autobr' /&gt;
Faut pousser de l'autre c&#244;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;130&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La serre est volatile&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les oiseaux d&#233;biles&lt;br class='autobr' /&gt;
Je cueille la fleur noire&lt;br class='autobr' /&gt;
A fleur de n&#233;nuphar&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sc&#232;ne est difficile&lt;br class='autobr' /&gt;
L'oiseau devient un os &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon c&#339;ur est un fossile&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pied manque au colosse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pluie pleut en hachures&lt;br class='autobr' /&gt;
La jungle est parfum&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#234;ve est rehauss&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
De ses enluminures&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La serre est r&#233;tractile&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la nuit est mobile&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jardin se replie&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un grand parapluie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;131 &lt;strong&gt;Jeux de mots&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand albatros &lt;br class='autobr' /&gt;
Soup&#232;se le sein&lt;br class='autobr' /&gt;
De son galbe atroce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand fantassin&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;gonfle la bosse&lt;br class='autobr' /&gt;
De sa fente &#224; sein&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les mousquetaires&lt;br class='autobr' /&gt;
Font coucher les crosses &lt;br class='autobr' /&gt;
Et les mousquets taire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;132&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cosmos&lt;br class='autobr' /&gt;
On jette un os&lt;br class='autobr' /&gt;
On jette un &#339;il&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le cercueil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'antichambre&lt;br class='autobr' /&gt;
On se d&#233;membre&lt;br class='autobr' /&gt;
On la d&#233;pouille&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa peau d'andouille&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'au-del&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'exp&#233;die&lt;br class='autobr' /&gt;
Cahin-caha&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d&#233;suni&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis bout &#224; bout&lt;br class='autobr' /&gt;
A fond du fond&lt;br class='autobr' /&gt;
On se recoud&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout l'&#233;dredon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;133&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plonge la plonge&lt;br class='autobr' /&gt;
La plonge au caisson&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ponge l'&#233;ponge&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;ponge au siphon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'allonge s'allonge&lt;br class='autobr' /&gt;
Et forme un bouchon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge mensonge&lt;br class='autobr' /&gt;
Conte pour les cons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;134&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y avait du sang dans la soupi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Et du cerveau dans le p&#226;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Rien n'est truqu&#233; et tout est vrai&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Grand Machin s'en va-t-en guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tire au sort pour y aller&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est Grand Machin qui veut y aller&lt;br class='autobr' /&gt;
Il prend le chapeau &#224; son fr&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Il part &#224; sa place &#224; la guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en revient tout ab&#238;m&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa femme a &#233;pous&#233; son fr&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Il veut recoller sa moiti&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Y met du sang dans la soupi&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa femme ne sait auquel plaire&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils se tuent &#224; l'aube au fleuret&lt;br class='autobr' /&gt;
Dessus le pr&#233; dans la clairi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
L'un contre l'autre poignard&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a plus de sang dans la soupi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Y a plus de gras dans le p&#226;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'amour aujourd'hui est truqu&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faudrait une autre guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;135&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai N&#233;buleuse &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans mon paquet&lt;br class='autobr' /&gt;
La dame odieuse&lt;br class='autobr' /&gt;
Et son long nez&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toi Vestale&lt;br class='autobr' /&gt;
La femme &#224; barbe&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;m&#233; Rhubarbe&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec son ch&#226;le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'archonte&lt;br class='autobr' /&gt;
Le roi Patate&lt;br class='autobr' /&gt;
L'amour dilate&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa bite en fonte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on retourne&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le paquet&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors ristourne :&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est cach&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le joker&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui tout explique&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui pend en l'air &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'&#233;lastique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;136&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'avait rien &#224; dire&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il le dit quand m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
Il trempa dans la cr&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
Son cochon-tirelire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'avait rien &#224; croire&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il le crut pourtant&lt;br class='autobr' /&gt;
Il posa sur ses dents&lt;br class='autobr' /&gt;
Une grille d'ivoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'avait rien pour lui&lt;br class='autobr' /&gt;
On le traitait d'eunuque&lt;br class='autobr' /&gt;
Il se le tint pour dit&lt;br class='autobr' /&gt;
Et changea de perruque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devint roi des rois&lt;br class='autobr' /&gt;
Couronn&#233; par des &#226;nes&lt;br class='autobr' /&gt;
De Brest &#224; Charleroi&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'au Haut-Bactriane&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il cherchait son z&#233;nith&lt;br class='autobr' /&gt;
Il marcha sur sa bite&lt;br class='autobr' /&gt;
Et chuta au Nadir&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec son rond-de-cuir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devint roi des paons&lt;br class='autobr' /&gt;
Couronn&#233; Rantanplan&lt;br class='autobr' /&gt;
De Brest &#224; l'Italie &lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'en Mauritanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;137&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caillou dans ma chaussure&lt;br class='autobr' /&gt;
Blessure blessure&lt;br class='autobr' /&gt;
Blessure &#224; mon pourpoint&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Javelot dans l'armure&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#234;lure f&#234;lure&lt;br class='autobr' /&gt;
Coquille d'&#339;uf au coin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis la bonne aventure&lt;br class='autobr' /&gt;
Nervure nervure&lt;br class='autobr' /&gt;
Feuille de romarin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;pouille-moi la main&lt;br class='autobr' /&gt;
Torture torture&lt;br class='autobr' /&gt;
Tortue dans le jardin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ferme le livre ancien&lt;br class='autobr' /&gt;
Reliure reliure&lt;br class='autobr' /&gt;
Reliure en peau d'humain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;138&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai travers&#233; la montagne&lt;br class='autobr' /&gt;
De part en part&lt;br class='autobr' /&gt;
Mis des bulles au champagne&lt;br class='autobr' /&gt;
Bu mon cigare&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;clus&#233; le potage&lt;br class='autobr' /&gt;
A la vol&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Et j'ai tri&#233; les nuages&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; j'ai vol&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reviens en Charlemagne&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien couronn&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Roi d'un pays de Cocagne&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans un sujet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;139&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tire au d&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Fais merveille&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi je veille&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cornet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fais un strike&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fais dring&lt;br class='autobr' /&gt;
Des loopings&lt;br class='autobr' /&gt;
En public&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pose un as,&lt;br class='autobr' /&gt;
Assassine&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la mine&lt;br class='autobr' /&gt;
Ananas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sois de m&#232;che&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d&#233;couche&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi je p&#234;che&lt;br class='autobr' /&gt;
A la mouche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;140&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a mis son imper &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a pris sa sacoche&lt;br class='autobr' /&gt;
Le printemps &#233;tait moche&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait un jour impair&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a pris le m&#233;tro&lt;br class='autobr' /&gt;
S'est fait fouiller les poches&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tout piquer fastoche&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait un jour de trop&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la rue un gavroche&lt;br class='autobr' /&gt;
Cria &#224; son approche :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'empereur est fantoche &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'on le passe &#224; la broche &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait bonne poire&lt;br class='autobr' /&gt;
Il mourut sans le croire&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un seul coup de mailloche&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur sa t&#234;te de pioche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;141&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne est tr&#232;s pr&#233;cise&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la nuit, impr&#233;cise,&lt;br class='autobr' /&gt;
En nouant le circuit&lt;br class='autobr' /&gt;
Fait des cercles des huit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le soir chaque halo &lt;br class='autobr' /&gt;
Est pris comme au lasso &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un astre emboss&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le bouillon poch&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne a sa balise &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la lampe ind&#233;cise&lt;br class='autobr' /&gt;
En suivant le chemin&lt;br class='autobr' /&gt;
Fait des n&#339;uds de marin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;142&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la cha&#238;ne un caillot&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le sang un maillon&lt;br class='autobr' /&gt;
Le marteau est L&#233;gion&lt;br class='autobr' /&gt;
Le c&#339;ur est dans l'igloo&lt;br class='autobr' /&gt;
La porte est en nylon&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les bas en laiton&lt;br class='autobr' /&gt;
Galbent la cuisse dr&#244;le&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un bibendum en t&#244;le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 143&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Drame&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un&lt;br class='autobr' /&gt;
Point&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux &lt;br class='autobr' /&gt;
Yeux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois &lt;br class='autobr' /&gt;
Doigts&lt;br class='autobr' /&gt;
Quatre &lt;br class='autobr' /&gt;
Quatre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq&lt;br class='autobr' /&gt;
Punks&lt;br class='autobr' /&gt;
Six&lt;br class='autobr' /&gt;
Bis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#234;tes&lt;br class='autobr' /&gt;
Huit&lt;br class='autobr' /&gt;
Nuits&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuf&lt;br class='autobr' /&gt;
Veufs&lt;br class='autobr' /&gt;
Dix&lt;br class='autobr' /&gt;
Cris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;144&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tout donn&#233; &#224; l'or&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui des nuits qui dorent&lt;br class='autobr' /&gt;
La feuille au bikini&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'on enfile &#224; l'aurore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tout repris depuis&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;lastique et l'ennui&lt;br class='autobr' /&gt;
Le c&#339;ur de la citerne&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'&#339;il dans la caverne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;145&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis cuit &#224; la meule&lt;br class='autobr' /&gt;
Et r&#244;ti au linceul&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai l'esprit en quinconce&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cul sorti des ronces&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon c&#339;ur est &#233;pagneul&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il tient dans sa gueule &lt;br class='autobr' /&gt;
Un &#339;uf blanc comme un os&lt;br class='autobr' /&gt;
Un tibia albinos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis p&#226;t&#233; de t&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
Je connais la recette&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui d&#233;moule en rillettes&lt;br class='autobr' /&gt;
L'essentiel du squelette&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;146&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand tout me d&#233;sesp&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que l'eau cuit la terre&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que la terre est molle&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le guacamotl&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fume de l'&#233;ther&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je bois du peyotl&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je vois des lucioles&lt;br class='autobr' /&gt;
Au lieu des r&#233;verb&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors je suis au bal&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je danse &#224; la nuit&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis Quetzacoatl &lt;br class='autobr' /&gt;
Toi Huitzilopochtli&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dialogue en Nahuatl&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la Demoiselle&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je fais la vaisselle &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec le Moloch Baal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh je suis Gargamelle&lt;br class='autobr' /&gt;
Et toi la Chanterelle&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui d&#233;coupe selon&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa silhouette en cr&#233;pon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;147&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu a des dents&lt;br class='autobr' /&gt;
Et des cheveux&lt;br class='autobr' /&gt;
Et son adorateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coiffe avec des gants&lt;br class='autobr' /&gt;
Et m&#234;me mieux&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec le c&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est poch&#233; dans le bouillon&lt;br class='autobr' /&gt;
D'&#233;ternit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout au nord sa plan&#232;te&lt;br class='autobr' /&gt;
A gel&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu est un flan&lt;br class='autobr' /&gt;
Plein de pruneaux&lt;br class='autobr' /&gt;
Et son p&#226;tissier beurre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plat d'horizon blanc&lt;br class='autobr' /&gt;
Plein de grumeaux&lt;br class='autobr' /&gt;
De sel de fleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est troubl&#233; par un enfant&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a trembl&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme au bord de l'assiette&lt;br class='autobr' /&gt;
La gel&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;148&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te tiens par l'exosquelette&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le premier qui rit qui meurt&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le dernier qui crie qui p&#232;te&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est de l'humour d'horodateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je recommence au d&#233;but&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est plus simple et tout est clair&lt;br class='autobr' /&gt;
Car tous les jeux n'ont qu'un but&lt;br class='autobr' /&gt;
Faire un motif circulaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te tiens par l'&#233;thylom&#232;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
La demoiselle a disparu&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;coutez le garde-champ&#234;tre &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le dernier &#224; l'avoir vue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je recommence au d&#233;but&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a transforme le d&#233;cor&lt;br class='autobr' /&gt;
Car tous les jeux n'ont qu'un but&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est gagner contre la mort&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;149&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le premier po&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
De la s&#233;rie&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier stratag&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le reste a suivi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le dernier po&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
Que j'ai connu&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier chrysanth&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le reste a fondu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;150&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en parlais &#224; la nuit&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle &#233;tait confidente&lt;br class='autobr' /&gt;
Son oreille &#233;tait lente&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais nerveux son minuit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui disais des choses&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle &#233;tait noire et rose&lt;br class='autobr' /&gt;
Travers&#233;e de halos&lt;br class='autobr' /&gt;
Perc&#233;e de chalumeaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parlais &#224; la nuit&lt;br class='autobr' /&gt;
Me croyais entendu&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la belle endormie&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne m'a pas r&#233;pondu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui dirais plus rien&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle &#233;tait bleue et rouge&lt;br class='autobr' /&gt;
Travaill&#233;e &#224; la main&lt;br class='autobr' /&gt;
Et creus&#233;e &#224; la gouge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;151&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les lucioles&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous les lucioles&lt;br class='autobr' /&gt;
Plante tes fumerolles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bois de l'alcool&lt;br class='autobr' /&gt;
Bois de l'alcool&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;ploie sa banderole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie t'encolle&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie t'encolle&lt;br class='autobr' /&gt;
Travaille &#224; la chignole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bois de l'alcool&lt;br class='autobr' /&gt;
Bois de l'alcool&lt;br class='autobr' /&gt;
Creuse la coupe au bol&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;152&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit s'installe&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la grand salle&lt;br class='autobr' /&gt;
Met ses colis&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le tapis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;plie ses fils&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ses pistils&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ses rubans&lt;br class='autobr' /&gt;
Au firmament&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait coulisser&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses &#233;l&#233;ments&lt;br class='autobr' /&gt;
En noir et blanc&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien ajust&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprend l'espace&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme on d&#233;place&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pions sculpt&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur l'&#233;chiquier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la nuit p&#232;se&lt;br class='autobr' /&gt;
La lune ob&#232;se&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;claire au long&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur l'horizon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut attendre&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour voir &#224; l'aube&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soleil fendre&lt;br class='autobr' /&gt;
Son pli de robe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis &#224; son tour&lt;br class='autobr' /&gt;
Troquer sa tour&lt;br class='autobr' /&gt;
Et son beffroi&lt;br class='autobr' /&gt;
Contre le roi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;153&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mer est un songe&lt;br class='autobr' /&gt;
Les poissons sont peints&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur un bol d'&#233;tain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ciel la prolonge&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d&#233;plie son rien&lt;br class='autobr' /&gt;
Les oiseaux sont feints&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;il est une &#233;ponge&lt;br class='autobr' /&gt;
La larme un mensonge&lt;br class='autobr' /&gt;
Le c&#339;ur un moyen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;154&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui se l&#232;ve &#224; l'aube&lt;br class='autobr' /&gt;
Et mets son nez froid&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant le pied droit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;caisse sa robe&lt;br class='autobr' /&gt;
Son valet la boit&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un vin de noix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis bat des halt&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un oiseau vert&lt;br class='autobr' /&gt;
Ou un gros microbe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;155&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vais-je recommencer&lt;br class='autobr' /&gt;
La menotte &#224; six doigts&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le dieu qui compote&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son nez ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; gigote&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un trou dans l'acier&lt;br class='autobr' /&gt;
Un cobra dans la botte&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;go&#251;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vais-je tout d&#233;caisser&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;crevisse en tricote&lt;br class='autobr' /&gt;
Et Satan qui complote &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout expr&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; gigote&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un loup dans l'&#233;vier&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un chat dans la glotte&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;goutt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;156&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il jette son armure&lt;br class='autobr' /&gt;
Et rev&#234;t son armoire&lt;br class='autobr' /&gt;
Se pr&#233;sente au parloir&lt;br class='autobr' /&gt;
Du palais des murmures&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de ses tiroirs&lt;br class='autobr' /&gt;
Est rempli de morsures&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dessous la ceinture&lt;br class='autobr' /&gt;
Il porte un slip d'ivoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;noue son bavoir&lt;br class='autobr' /&gt;
Et r&#233;sout sans bavure&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque &#233;nigme le soir &lt;br class='autobr' /&gt;
Que le sphinx lui susurre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de ses miroirs&lt;br class='autobr' /&gt;
Est rempli d'imposture&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dessous la figure&lt;br class='autobr' /&gt;
Son sourire est tout noir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;157&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papillon d'albumine&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'un rayon alumine&lt;br class='autobr' /&gt;
Et souligne au phosphore&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;duse en crinoline&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'un malaise enlumine&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un lampadophore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chemin de mousseline&lt;br class='autobr' /&gt;
Que la torche dessine &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la nuit incolore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;158&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La boussole a fondu&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le noir de ton f&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un &#339;il qui fait loupe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car tout est confondu&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je vois dans ton cul&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un trou dans la soupe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;159&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai cueilli la fontaine&lt;br class='autobr' /&gt;
A la fleur de son &#339;uf&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le fleuve &#233;tait neuf&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un cat&#233;chum&#232;ne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#234;tes vous jamais las&lt;br class='autobr' /&gt;
Dit messire &#224; la truite&lt;br class='autobr' /&gt;
De vous prendre des cuites&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec du vin de noix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que nenni dit l'oiseau&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux &#233;cailles de pl&#226;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pr&#233;f&#232;re m'&#233;battre&lt;br class='autobr' /&gt;
Au soleil qui prend l'eau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai beurr&#233; la tartine&lt;br class='autobr' /&gt;
A la sueur d'emmental &lt;br class='autobr' /&gt;
Et sa tranche &#233;tait fine&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un papier journal&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>BRIMBORIONS DE NOVEMBRE</title>
		<link>https://www.arnaudlegouefflec.com/BRIMBORIONS-DE-NOVEMBRE-83</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.arnaudlegouefflec.com/BRIMBORIONS-DE-NOVEMBRE-83</guid>
		<dc:date>2022-11-30T11:49:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'ai not&#233; &#231;a, mais je ne sais plus ce que &#231;a veut dire : &#171; Type avec les oreilles de nounours en peluche &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je fais une pause sur un banc du p&#232;re Lachaise. Comme j'ai un disque de Lou Reed qui d&#233;passe de mon sac, un monsieur vient me parler. Il s'assied. Il me raconte sa vie : pied noir, d&#233;part d'Alg&#233;rie, Lou Reed. Il me donne son avis sur le rap : &#171; J'ai vu une expo &#224; la Philharmonie, moi je pensais que c'&#233;tait juste des voyous, et bien non, c'est beaucoup plus complexe, c'est de l'art, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.arnaudlegouefflec.com/-blog-" rel="directory"&gt;Blog&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudlegouefflec.com/local/cache-vignettes/L124xH150/jj-9bb87.jpg?1686902701' class='spip_logo spip_logo_right' width='124' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai not&#233; &#231;a, mais je ne sais plus ce que &#231;a veut dire : &#171; Type avec les oreilles de nounours en peluche &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fais une pause sur un banc du p&#232;re Lachaise. Comme j'ai un disque de Lou Reed qui d&#233;passe de mon sac, un monsieur vient me parler. Il s'assied. Il me raconte sa vie : pied noir, d&#233;part d'Alg&#233;rie, Lou Reed. Il me donne son avis sur le rap : &#171; J'ai vu une expo &#224; la Philharmonie, moi je pensais que c'&#233;tait juste des voyous, et bien non, c'est beaucoup plus complexe, c'est de l'art, monsieur &#187;. Il finit par l'expo &#034;Toutankhamon et son temps&#034; en 1967 : &#171; &#199;a, &#231;a m'a &#233;merveill&#233;, &#231;a m'a &#233;bloui, et &#231;a a chang&#233; ma vie. &#187; Il salue et reprend sa qu&#234;te de la tombe de Jim Morrison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris Brest. Le train va partir. Un homme en complet veston, tr&#232;s smart, arrive hors d'haleine, s'arr&#234;te &#224; la hauteur d'un autre homme, v&#233;rifie son billet, et lui dit : &#171; Pardon, mais c'est ma place. &#187; L'autre r&#233;pond : &#171; Ah, &#231;a m'&#233;tonnerait, regardez. &#187; Il lui tend le sien. Myst&#232;re, ils ont le m&#234;me num&#233;ro de place et de wagon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier hausse les &#233;paules, un peu contrari&#233; : &#171; C'est pas grave, je vais me mettre l&#224;. &#187; Il s'assied &#224; c&#244;t&#233; de moi. Il souffle, s'&#233;ponge le front, se d&#233;tend un peu. Le train d&#233;marre. La voix crachote dans le haut-parleur : &#171; Vous &#234;tes bien dans le train num&#233;ro xxx &#224; destination de Brest, ce train desservira... &#187;. Le type &#233;touffe un juron : &#171; Put... Brest ? Oh merde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est profond&#233;ment abattu. Je lui demande o&#249; il allait. Au Croisic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendu dans un restaurant : &#171; Ah, parce qu'en plus, y en a &lt;i&gt;&#224; l'int&#233;rieur&lt;/i&gt; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir jou&#233; &#171; la Clef &#187; &#224; Concarneau, une dame vient me voir : &#171; ah c'&#233;tait super, vraiment g&#233;nial. &#187; Elle se penche et me confie : &#171; Enfin j'ai dormi toute une partie, mais quand je me r&#233;veillais, &#231;a avait l'air vraiment bien ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je cours autour du stade Foch : il y a deux jeunes filles assises autour d'une table en bois, qui pique-niquent. R&#233;guli&#232;rement, elles se l&#232;vent pr&#233;cipitamment et s'enfuient en courant, se retournant, immobiles, regardant la table et les reliefs du pique-nique comme si elles avaient peur. Je ne sais pas si il y a un frelon ou si elles r&#233;p&#232;tent une chor&#233;graphie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le TGV Paris Brest, annonce du chef de bar : &#171; En raison d'une panne d'&#233;lectricit&#233; &#224; Brest, les sandwiches, salades et yaourts sont &#224; mi-tarif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bo&#238;te aux lettres &#224; Paimpol, sur laquelle est simplement &#233;crit : &#171; V&#233;rit&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr&#244;me. Sur la route, panneau : &#171; labyrinthe, premi&#232;re &#224; droite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vacances : on va voir le Monde des F&#233;es, attraction fl&#233;ch&#233;e un peu partout. On met une heure &#224; zigzaguer dans des routes et des chemins, avant de trouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'entr&#233;e, vieille gu&#233;rite. Toiles d'araign&#233;e, poussi&#232;re. Un vieux chien d&#233;gonfl&#233; dort dans un coin. Personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un moment, une dame appara&#238;t, un peu f&#233;brile. Elle ressemble &#224; une sorci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle semble &#233;tonn&#233;e de nous voir l&#224;, nous pose des questions pour savoir d'o&#249; on vient, se met &#224; griffonner sur un carton des id&#233;es de jeu. &#171; Vous pouvez chercher les dragons par exemple, il y en a 7. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle &#233;crit des questions auxquelles il faut r&#233;pondre. Elle griffonne un autre jeu, le rature : &#171; Ah non, &#231;a c'est trop compliqu&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle montre au loin, de l'autre c&#244;t&#233; de la route, un escalier en bois qui monte dans les arbres. &#171; Et sinon, c'est le chemin de Merlin. Quand vous aurez r&#233;pondu &#224; toutes les questions, vous irez l&#224;-bas si vous voulez. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les b&#234;tes, qu'une pancarte pr&#233;sente comme une attraction compl&#233;mentaire, ont l'air &#233;puis&#233;es. Un lama assomm&#233; par la chaleur, des chats tout secs, un chien qui meurt de soif...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du site, une &#233;norme araign&#233;e en t&#244;le et carton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On visite le site : les lutins ont l'air tout moisis, fig&#233;s dans leurs aquariums ou derri&#232;re leurs vitres, couverts de poussi&#232;re. Il y a des poup&#233;es cass&#233;es. Aucun automate n'est en &#233;tat de marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentiment glauque, que chaque salle travers&#233;e renforce : les f&#233;es ont l'air d'appeler au secours. A certaines il manque un bras. Les lutins sont de plus en plus effrayants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun dragon en vue, si ce n'est des yodas en plastique planqu&#233;s ici et l&#224;. Il y en a 7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On quitte le parc de l'angoisse. Histoire de ne pas partir sur une impression n&#233;gative, je propose d'aller voir le chemin de Merlin. On s'engage sur l'escalier de bois, qui monte dans les arbres jusqu'&#224; des passerelles. M ne veut pas aller plus loin. Elle a peur que le bois c&#232;de sous nos pas. Ma fille et moi, on monte v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; je lui dis que tout a l'air solide, un gros serpent passe entre nos jambes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'effet de la surprise, la petite glisse et se casse un ongle de pied. On redescend l'escalier de Merlin plus vite qu'on l'a mont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On quitte le monde des gnomes comme si c'&#233;tait le site du projet Blair Witch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paimpol, dans la nuit. On s'arr&#234;te &#224; la barri&#232;re automatique, pour laisser passer le train. Mais le train ne vient jamais. On fait demi-tour, contournant par le port. On repasse de l'autre c&#244;t&#233; : la barri&#232;re est toujours ferm&#233;e. Lumi&#232;res rouges dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la chanson d'Anne Sylvestre, &#171; Comment je m'appelle &#187;, elle r&#233;p&#232;te &#224; chaque refrain : &#171; Je l'ai z'oubli&#233; &#187;. Mais j'ai v&#233;rifi&#233;, c'est fait expr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendu au resto : &#171; C'est l'enfer sur terre, y a rien l&#224;-bas. &#187; R&#233;ponse de l'autre : &#171; Ah ben si, y a un resto &#224; tapas. C'est l&#224; que j'ai rencontr&#233; Antoine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendu : &#171; Je vais m'en acheter plein, un noir, un rouge et un orange ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la poste, une fille qui tente de taper son code de carte bleue, &#233;choue, s'&#233;nerve : &#171; Eh, rat&#233;, putain ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendu : &#171; Vous faites pas d'audio book pour les BD ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mouche totalement silencieuse. Encore plus &#233;nervant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Panneau sur le bord de la route : &#171; Cherche gravats. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des plumes dans le ciel. Pas d'oiseau pour autant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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